Partouze Divine

Réveillé à minuit je m’en vais à nouveau sur le tapis. Fébrile à l’idée de bientôt retrouver le Maitre sans doute… Dehors c’est la tempête et la Lune éclaire fortement la scène dans le jardin : notre arbre adoré et si majestueux est tourmenté par de fortes bourrasques. Comme il est bien implanté il ne ploie pas mais tourne sur lui-même tel un derviche maladroit. Le vent est tel qu’il pourrait bien le dévisser ! Les nuages gris et blancs font la course dans le ciel et laissent paraître par moment quelques fragments de poudre d’étoiles ici et là. Les gouttières font des hurlements de loup. Quant à moi je me promène nu dans le jardin arrosé parfois de salves de gouttes d’une pluie discrète. La Lune fait quelques apparitions mais elle semble occupée à autre chose et se contente de briller de façon un peu trop routinière à mon goût.

Un rêve m’a réveillé qui semble aussi étrange qu’édifiant. J’étais avec ma yogini en compagnie d’un groupe de femmes et d’hommes inconnus. Nous avions une sorte de mission importante pour l’avenir de l’espèce. Pas de l’Humanité mais bien de l’espèce humaine. Nous devions nous mélanger sexuellement à cette joyeuse troupe afin de favoriser de bonne combinaisons d’ADN. Il fallait qu’ils soient et restent le plus étranger possible et aussi avec le plus de diversité physiologique. C’est la raison pour laquelle on ne voyait pas leurs visages. En fait c’est précisément la diversité qui nous attirait et nous excitait tous. Notre but était de parvenir à l’orgasme tous ensemble. A l’unisson ! Les hommes ne devaient pas pratiquer de rétention. Tout le monde s’emboita presque sans bouger et quelques temps plus tard notre « partouze humanitaire » se termina dans une ineffable joie émaillée de cris et de flots de sperme et de cyprine.

Ce fut un plaisir collectif à peine imaginable et rempli d’amour et de force. Dans le repos qui suivit chacun ressentait et exprimait une joie profonde : celle d’avoir été accueilli dans la fibre intime et dans le cœur d’un autre et cela de façon multiple et surtout irrévocable. Nous étions plus que frères et sœurs. Nous étions « un seul être » tout en étant conscients que tous ne faisaient pas partie de la fête. Il était donc question d’inviter le reste de l’Univers dans une Méga Partouze Divine.

Mais quelqu’un a dit : « On recommence ? » C’est ce qui m’a réveillé d’un coup. J’étais choqué tant je trouvais irrationnel de proposer de faire ce qui est fait. D’autant que nous évoquions justement l’idée d’associer les autres et non de nous replier sur nous-même.

Quand je me suis réveillé mon Guru est apparu dans l’espace et je me suis souvenu de la texture puissante et délicate du Grand Corps des Êtres. Puis il a excité le vent et jeté de la pluie dans cette nuit étrange. C’est presque trop pour me rendre heureux !

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