Énergie divine

L’idée que la Kundalini s’éveille un jour et qu’ensuite rien ne sera plus comme avant est un cliché à la peau dure.

D’abord cela peut se produire des centaines de fois, et de façon différente à chaque fois. Alors plus rien n’est jamais comme avant… des milliers de fois ! D’ailleurs Kundalini ou pas rien n’est jamais comme avant d’instant en instant.

Quand la Kundalini s’éveille « tout change, rien ne change… » comme le dirait Krishnamurti qui eut d’ailleurs à en souffrir.

Cette nuit tôt le matin Elle était là et parcourait mon échine avec volupté effectuant de savoureuses glissades de bonheur et d’énergie. C’est curieux comme à un certain niveau bonheur et énergie sont synonymes. A croire que le Cosmos tout entier est joie exubérante vie débordante énergie incessante et créatrice. Oui c’est une projection que cette affirmation. Mais en même temps lorsque ton corps a disparu sans disparaître et que la pensée entre dans un silence tonitruant l »entière vivacité du monde est tienne et toute affirmation sur les sens te font doucement rigoler !

A l’observation l’ascension de l’énergie s’accompagne également d’une descente voire d’une sorte de décélération. Je vais essayer d’être plus concis. Ce qui monte comprend des aspects physique émotionnel et mental. Physiquement une sorte de dépression s’organise dans la colonne. Un peu comme la mer se retire avant un tsunami et cela appelle une sorte de remplissage. Ce qu’effectue aussitôt Kundalini par vagues de plaisir qui ressemblent beaucoup à des orgasmes stables et tranquilles et non sexuels. En réponse toutes les vertèbres se compressent comme si elles cherchaient à rapprocher le crâne des fesses. La tension est telle qu’un grand tonerre sa fait entendre en-dedans. Alors il semble qu’une sorte de liquide crémeux descende au centre même de Kundalini-Shakti en pleine ascension. En ce qui me concerne il n’y a pas de stages ou de ralentissements ou blocages au niveau de tel ou tel chakra. C’est plutôt comme une fusée que rien n’arrête. Aux moments les plus intenses, je ne peux contrôler mon corps. Il est parcouru de sauts, de cris d’extase, d’arrêts ou d’accélérations respiratoires… Les bras sont notamment quasi-incontrôlables.

Au niveau émotionnel c’est un amour infini qui m’envahit. Une sorte d’émotion impossible à définir faite de paix de reconnaissance de tendresse d’espace et de lumière (j’en oublie sûrement). Il est difficile de dire sur quoi porte cet amour car c’est réellement infini et sans objet particulier. C’est pour cela sans doute qu’on parle « d’amour divin » . S’étalant au-delà de notre humanité il reste inconcevable. J’ai la chance d’avoir un « objet transitionnel pour adulte » : le Yidam. Alors il y a quand-même un objet d’amour. Objet d’un symbolisme pur qui permet d’intégrer plus facilement l’expérience émotionnelle. Non pas de lui donner un sens ce qui serait ridicule mais une orientation incarnée ce qui est pratique pour la vie de tous les jours et aussi mes partenaires. Autrefois les larmes coulaient abondamment et l’amrita timidement. Mais aujourd’hui elles se font plus rares à mesure de l’abondance de ces écoulements ambrosiaques. C’est une bonne chose je crois.

Au niveau mental les pensées disparaissent au profit de la vision. Visions pures des bouddhas des sphères lumineuses des paradis incroyables qui emplissent ce Cosmos. A moins que ça soit le Cosmos tout entier d’ailleurs car l’espace et le temps disparaissent tout simplement. Il y a bien un petit singe faisant quelques commentaires et des pirouettes de temps en temps. Mais cela n’a aucune d’importance car dans le yoga qui est le mien on pratique la non-violence totale : le singe n’est pas un ennemi et a droit à toute ma considération. Aux moments les plus intenses c’est l’insondable vacuité qui est présente et je peux expérimenter que – étrangement – elle possède plusieurs « formes » !

C’est là aussi qu’interviennent les vœux du Boddhisattva. C’est tellement important ! Mon Guru a toujours dit qu’au summum de l’épanouissement de la déité dans l’espace lumineux de la Conscience déployée il est préférable que l’esprit se tourne vers les êtres sans distinction et qu’ils partagent l’expérience même si elle est évidemment inconsciente. En réalité c’est quasi impossible de procéder ainsi sauf si l’on a poli son esprit pendant de nombreuses vies. Le mieux est de créer dès aujourd’hui cette tendance dans l’esprit par un entraînement soutenu. C’est le cœur du Samaya. Les vœux purs du Boddhisattva. Autrement dit aucun Éveil ne saurait être complet et insurpassable s’il n’incluait pas la totalité du Cosmos. Nous sommes suffisamment crétins pour ne rien comprendre de l’Union du Vide et de la Compassion. Même en nous y approchant au plus près. Donc au boulot Petits Scarabées ! 😉

On me demande souvent comment faire redescendre la Kundalini. La réponse est dans la question. Tu veux descendre du manège parce que l’immensité aussi bienheureuse soit-elle reste inconfortable dans ta solitude. Tu as encore trop mangé de tes propres excréments… Alors lance l’invitation tourne ton esprit et reste le maître. Quand l’esprit éveillé se tourne vers les êtres il y a une réduction de l’intensité de Kundalini mais en même temps un « élargissement-plénitude » qu’il serait impossible de vivre sans cela. Alors la Belle va se lover dans le « cœur-vibrant-de-lui-même » et sa radiance ininterrompue réjouit au plus haut point.

Ciao !

NB Pardon à mes bien religieux et sérieux détracteurs de briser encore une fois le tabou en parlant à tord et à travers de choses si secrètes dans ce monde dévoyé et noyé d’informations inutiles. J’irai en enfer… si je veux !

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