Jour 108

Bon... Donne lot de chouchous spirale et chouchous coton élastique, très bon état, jamais servi. 😉 Et tant pis si tu n'as pas compris !

Voici donc la quête du "nouveau Navjeet" bien amorcée. En réalité, ce n'est qu'une façon de parler. Après tous ces jours pénibles, je reste bien conscient que ce Navjeet doit s'en aller pour de bon. Il n'a plus rien à faire ici. Il doit mourir ou bien se reformer à partir de ce qu'il en restera. Je ne sais pas si quelqu'un ou quelque chose peut décider vraiment de "la stratégie de reformulation psychobiologique" de cet individu.

Ce que je sais en revanche est que lorsqu'un cycle, quel qu'il soit est terminé, il n'y a pas moyen de le réamorcer et rien ne serait plus toxique que de tenter de le faire. Quant à l'attachement à ce qui s'en va, évidemment, cela est source de mille souffrances. Des souffrances bien plus mortifères que celles qui invitent le changement.

Alors, je laisse aller les choses, non par indolence ou je-m’en-foutisme, mais par ignorance, cette chère ignorance que craignent tant de gens et qu'ils masquent de savoirs futiles ! "Au Ciel iront les simples d'esprit" a dit Jésus. Je suis un simple d'esprit car j'ai vu la grande illusion dans les moindres recoins de mes explorations, dans chaque repli de mes pensées, dans chacun des sons sensés et insensés que j'ai pu entendre. Tant et si bien que je peux déclarer qu'il n'y a rien ici de tangible, rien sur quoi faire fond, aucune vérité cachée à découvrir, pas l'once d'une essence valide à quoique ce soit. Il ne reste de ce monde tant désiré que la grande Maya, l'exubérante danse des fantômes cosmiques, et les regards furtifs des êtres apeurés face aux morts incessantes, les leurs et celles de tout ce qui est. Tous les phénomènes mentent, mentent sur eux-mêmes, mentent sur ceux dont ils dépendent, manquent leurs promesses et altèrent sans repos les temps chéris et révolus.

Mais passé l'effroi et les émois que suscite cette blague cosmique, vient encore le grand vide de rien, l'absence de tout au sein du tout, finalement la paix infinie de la non-essence de toute chose, l'immense repos de la constance de l'esprit qui ne demande rien, ne sait rien, ne cherche rien, ne vient de et ne va nulle part, éclatant comme mille diamants et plus vaste que tous les océans de l'Univers. Aucun savoir, fusse-t-il plus vaste que cette galaxie, ne peut tenir fasse à la Lumière de ce qui est, et est sans bord, sans direction ni objet.

Et là on y voit à l’œuvre l'énergie primordiale, libre et bonne, surgissant d'elle-même comme une interminable et indomptable étreinte d'amour s'aimant elle-même en chaque chose et en chaque être, aussi illusoire que fusse cela, un amour aussi doté des pures connaissances dont il est aisé qu'on les sache puisque vidé de ses objets, un amour conscient d'une conscience se sachant consciente en chaque opération de pensée.

Oui, Maîtri, l'amour bienveillant, est le fil d'Ariane qui fait marcher et vibrer cet univers en toutes ses particules, tellement en amont des apparences que rares sont celles et ceux qui le savent mais pourtant le goûtent à chaque souffle et d'instant en instant.

Nous attendons tous Maîtreya, le bouddha annoncé de la compassion. Mais peut-être est-il déjà là, aujourd'hui, tout frémissant et fabriqué des cœurs reliés de celles et ceux qui s'attardent sur le nouveau monde naissant de l'effondrement ?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *