Jour 105

J'ai vu le médecin ce matin qui m'a dit qu'il faut absolument manger hyper-protéiné et un max de calories car mes taux sont beaucoup trop bas. J'ai encore perdu 1 kg. Chaque kilo compte maintenant... Et demain, encore la piquouse ! Déjà ?

Pour les cours de yoga, quatre personnes sont inscrites pour le moment. Je n'en reviens pas. Est-ce parce que je n'assurerai pas les cours moi-même au début ? Est-ce à cause de la crise nazitaire ? Beaucoup de gens doivent attendre le 15 septembre, date d'officialisation de la dictature. Ça doit être cela. En tous cas, cela montre une fois de plus que tout est éphémère, impermanent. Une vie d'efforts et tout est balayé d'un coup, juste comme ça, pour rien.

On devrait apprendre aux enfants à vivre pleinement dès le début et à ne pas redouter l'impermanence, gage de changement, de créativité, de "vie normale". Bien sûr, c'est ce qu'ils font naturellement les premières années. Mais cela ne dure pas. Par les parents et par la collectivité, il sont poussés malgré eux à participer à un système, le système actuel où il est exigé qu'on travaille, qu'on ait des loisirs pré imposés, qu'on paie des impôts et des taxes de toutes sortes, qu'on possède un smartphone, un abonnement à Netflix, et désormais un passeport vaccinal, qu'on dorme la nuit et qu'on travaille le jour, et qu'on consomme en permanence des toutes sortes d'objets inutiles, polluants et abrutissants. Et ces enfants grandissent en pensant qu'ils vivent leur vie, à l'instar de tous les autres.

Mais cela n'est pas la Vie, ça n'a absolument rien à voir avec le fait de vivre. C'est seulement obéir à un système, un parmi d'autres modèles tous aussi artificiels. Vivre, vivre sa vie ne peut pas s'effectuer dans le cadre d'un système qui t'impose ce que tu dois faire, croire et penser. S'y tenir n'est que complaisance et abrutissement. C'est une prison où il est impossible d'avoir conscience qu'on ne jouit d'aucune liberté. Un système est une prison sans barreaux. Personne ne peut rencontrer la Vie dans un système, peu importe qu'il soit capitaliste, socialiste, communiste ou autre.

Pour vivre sa vie, on doit sortir du système. Ce recul est indispensable car tout y est construit d'évidences inébranlables dont la texture est faites de croyances irrationnelles et des névroses qu'elles engendrent. C'est le principe même du fonctionnement de la secte. Le seul moyen de vivre sa vie est de vivre en marge, non pas en opposition, d'autant que le système adore les opposants pour alimenter et conforter son artificielle religion, mais dans la plus sereine indifférence. La Vie ne s'intéresse pas à ces bidouillages sans fondement car elle est simple, sans attentes excessives, naturellement tournée vers la jouissance de ce qui est, l'amour, le partage, la découverte et par-dessus tout le maintien de la simplicité humaine et de la joie sociale.

En marge des systèmes, on ne trouve que des rebelles, des personnes autonomes, libres, qui s'assument et ne portent pas d'intérêt au système du moment. Ce ne sont pas des révolutionnaires mais des personnes ordinaires qui vivent leur Vie !

Ce fut l'exemple du Bouddha, un prince de la caste Kshatriya (Guerrier) parfaitement formaté au système royal, jouissant d'immenses qualités en tous domaines et destiné à prendre le trône de son pays. Mais un jour, il a jeté ses vêtements, s'est rasé, a tout quitté, puis est parti vivre sa Vie, dans la forêt, dans des grottes, le long des rivières ou en suivant les caravanes de marchants.

Si l'on voulait bien éduquer les enfants de manière à ce qu'il vivent leur Vie plutôt que d'agoniser dans la fadeur étouffante du système, le monde serait bien meilleur, plus simple, plus bienveillant. Et on se fendrait bien la poire !

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