Jour 104

Bilan des améliorations - Je ne suis plus obligé de dormir à quatre pattes et/ou sur les coudes. Je ne me réveille plus qu'une à deux fois la nuit. Je tousse un peu moins qu'avant, mais j'ai augmenté les doses de codéine. Je n'ai pas trop d'effets secondaires. Je n'ai aucun problème relatifs à la sphère buccale pour laquelle j'ai une tonne de médicaments que je ne prends donc pas. Les douleurs thoraciques sont supportables.

Bilan des détériorations - Je ne fais plus que 66kg. Je suis extrêmement faible physiquement. J'ai des pertes d'équilibre. Viennent toujours me surprendre des crises graves d'étouffement. Je perds mes cheveux par poignées. Je suis totalement essoufflé à la moindre accélération de mouvement. Je tremble. J'ai vilaine allure comme si j'avais pris dix ans d'un seul coup.

Au-delà de cela, mon plus gros travail intérieur porte sur le fait que je ne me sens pas d'avenir à environ deux ans. Je ne suis pas obsédé par ça mais j'aimerais pouvoir me projeter à quinze, vingt ans ou plus pour casser cet espèce de "mur du futur" et je n'y arrive pas. Je sais que c'est important parce qu'on crée sa destinée avec la pensée. Ce n'est pas que je considère qu'il soit obligatoire de se projeter, je l'ai d'ailleurs bien exprimé dans un précédent billet, mais le fait d'avoir une vision si courte est aussi un obstacle. C'est comme une muraille qui s'érige régulièrement devant ma pensée et je redoute que cela conditionne mes comportements du moment. Je veux dire que ce qui me gène n'est pas l'absence de projet mais la présence d'une pensée à courte échéance.

En revanche, si j'oublie Navjeet, ça va, il n'y a aucune limite, pas de mur, pas le moindre obstacle mental. Mais ce qui m'est demandé à travers cette épreuve c'est précisément de ne pas oublier Navjeet. C'est devenu un leitmotive. Je dois offrir à ce corps, à cet être-là, l'occasion de vivre physiquement la Grâce de la Claire-Lumière. Car l'éveil ne peut être que mental. Une fois détaché du corps et des contingences, on doit retourner dans ce corps et ses contingences car c'est la voie de la jouissance divine nourrie de complétude et de cohérence totale. Et c'est bien ici la finalité de tout Dharma. Sinon, à quoi serviraient la matière, les perceptions, sensations, etc ? Si cela ne servait à rien ça n'existerait tout simplement pas.

Si nous sommes là, dans cet infernal samsâra, c'est que nous avons voulu vivre une expérience de la Lumière dans un corps physique imparfait, petit, maladif. Nous avons engendré le flux du possible miracle de la transfiguration !

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