Confinés comme des cons finis

Aujourd’hui, je vais avec ma chérie retrouver mes parents, terrorisés et enfermés chez eux depuis deux mois.

Par chance, ils ont survécu à la peur.
Par chance, leurs voisins se sont occupés d’eux.
Par chance, ils ont connu le vrai goût de la tomate et des patates.
Par chance, ils n’ont jamais été vaccinés, pucés, tatoués… et sont en bonne santé.
Par chance, ils connaissent tout sur les plantes, les herbes, les huiles qui soignent.
Par chance, dans leur jeune temps, ma mère à échappé aux rafles et mon père aux bombes.
Par chance, ils ont fait l’amour sans préservatif, bu et chanté sans compter.
Par chance, ils vivent encore dans leur maison trop grande.
Par chance, ils refuseront toujours de finir parqués comme du bétail dans un Ehpad.
Par chance, ils ont un téléphone à clapet qui sert juste à …téléphoner.
Par chance, ils savent encore écrire une ligne sans faute d’orthographe.
Par chance, il ont entendu le silence total de la nuit et sa noirceur les jours sans Lune.
Par chance, ils ont connu la nourriture ordinaire sans poison ni modification.
Par chance, ils savent qu’en temps de guerre on doit être digne et se tenir debout.

Mes parents ne sont pas extraordinaires. Ils ont une vie normale et banale. Ce sont des héros de la vie ordinaire. Et c’est extraordinaire !

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