Dans mon Paradis

Dans mon Paradis, les gens adorent se disputer, mais ils n’ont pas de réelles convictions, leurs croyances sont un peu comme les friandises de Ganesh.
 
Dans mon Paradis, il y a des miséreux, des infirmes, des artistes, des savants, des maîtres et des puissants, et tous vivent bonne entente car ils ont besoin les uns des autres.
 
Dans mon Paradis, les fleurs sont douées de parole, de même les arbres, les cailloux… et tous ont leur langage propre et ces espèces passent beaucoup de temps à essayer de communiquer.
 
Dans mon Paradis, personne n’a besoin de technologie. On se transporte avec les animaux forts ou rapides, s’ils sont d’accord, et sinon chacun se déplace à pieds nus.
 
Dans mon Paradis, les voyages se font d’ailleurs sur place la plupart du temps, car chacun s’occupe de visiter son environnement proche qui est d’une richesse inouïe. il faut à peu près cent ans pour découvrir son voisinage en entier.
 
Dans mon Paradis, il n’y a pas d’avions. Quand nous voulons être dans le ciel, il nous suffit de lever le nez et c’est bien suffisant. Ou bien nous suivons le vol de l’oiseau et ça nous grise.
 
Dans mon Paradis, les pauvres gens ne savent pas qu’ils sont pauvres parce que les autres s’occupent bien d’eux et cela leur suffit pour être heureux.
 
Dans mon Paradis, les riches ne savent pas non plus qu’ils sont riches vu qu’ils passent leur temps à approvisionner ceux qui en ont besoin.
 
Dans mon Paradis, il y a des leaders et d’autres qui se laissent mener. Et on trouve ça très confortable car chacun se sent à sa place. De plus, les rôles sont interchangeables au gré des envies et des capacités de chacun.
 
Dans mon Paradis, les pensées, les émotions, sont toutes agréables car personne n’y croit vraiment. Alors chacun se sent riche d’exubérance.
 
Dans mon Paradis, la politique n’existe pas, de même que les médicaments, et les outils compliqués qui consomment des ressources, blessent le sol ou créent des ondes maléfiques. Chacun est content de ce qu’il trouve, bien qu’il ne le possède pas.
 
Dans mon Paradis, l’argent n’existe pas car personne n’a compris à quoi ça pouvait servir. D’ailleurs, la plupart ont très peur de posséder quoique ce soit car ils redoutent de se laisser posséder par leurs possessions.
 
Dans mon Paradis, il y a bien un gouvernement, mais personne ne sait où il se trouve. Certains disent qu’il n’existe pas, que c’est un égrégore, et d’autres disent que c’est la Nature car les lois et les décrets y naissent spontanément. A ce jour, c’est encore un mystère.
 
Dans mon Paradis, il n’y a pas besoin d’appareil pour communiquer. La langue des humains est directement connectée au cœur, et chacun entend d’abord ce qui n’est pas dit. Viennent ensuite les paroles qui sont des ornements très ciselés et jolis. On nous dit télépathes mais c’est bien plus que cela.
 
Dans mon Paradis, les gens marchent pieds nus pour masser leur planète afin que les tremblements de terre soient aussi doux que des frémissements qui sont parfois orgasmiques. Mais il y a aussi des gourmands qui aiment bien sauter sur place.
 
Dans mon Paradis, il n’y a pas de religion parce que tout ce qui existe dans le monde est déjà relié.
 
Dans mon Paradis, on trouve des hommes et des femmes. Les hommes célèbrent toujours la folie douce des femmes. Et les femmes célèbrent toujours la force orgueilleuse des hommes. Et personne n’y trouve à redire.
 
Dans mon Paradis, les hommes et les femmes peuvent changer de genre à tout moment. Ils disent que c’est l’Univers qui s’amuse à prétendre qu’il est untel ou une telle, comme ceci ou comme cela et qu’il y a juste à se laisser aller. C’est aussi pour ça qu’il y a énormément d’androgynes et d’autres genres encore.
 
Dans mon Paradis, d’ailleurs, les gens font beaucoup l’amour et beaucoup la fête. Certains disent que c’est ça la religion suprême qui célèbre ce qui est relié. Mais d’autres disent que c’est trop fatiguant et préfèrent parler et jouer avec leurs amis. Alors les premiers rétorquent que c’est pareil et il s’ensuit des disputes très drôles et interminables.
 
Dans mon Paradis, il y a des pandémies mais les vaccins n’existent pas. Alors les faibles se renforcent, et les très forts aident les plus faibles à mourir tranquillement entourés de leur famille.
 
Dans mon Paradis, on protège les naïfs car leurs pensées se matérialisent toujours très vite, raison pour laquelle ceux des autres mondes cherchent constamment à les kidnapper pour exploiter leurs pouvoirs.
 
Dans mon Paradis, quand une personne en blesse une autre, les deux se demandent mutuellement pardon et pardonnent.
 
Dans mon Paradis, les malades mentaux deviennent sorciers ou chamanes, les aveugles deviennent voyants ou oracles, les estropiés des êtres uniques… bref, chacun trouve facilement sa vocation.
 
Dans mon cœur, il y a ce Paradis. Ce n’est pas le monde d’avant, ce n’est pas le monde d’après. C’est mon Paradis, sans frontières, sans peur, sans inespoir ni espoir, libre et amusé, indomptable et duplicable à l’infini. Il ne m’appartient pas. Et je ne lui appartiens pas non plus. C’est comme un soleil que rien ni personne n’éteindra jamais !
 
Navjeet

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