Tummo et le marketing spirituel

Retraite de Vajravahari – Allumer le Feu…

Devant le regain d’intérêt pour les techniques ancestrales de yoga liées soit au froid intense, soit à la chaleur intense, j’ai souhaité ici tenter de faire un peu la lumière sur un certain nombre de clichés qui entretiennent de la confusion sur le sujet.

Les Yogas de Naropa sont un peu à la mode en ce moment. C’est une excellente nouvelle ! Depuis le temps que je partage ces enseignements en tâchant de rester fidèle à l’esprit originel et surtout à l’objectif proposé par ces pratiques, je suis ravi qu’une telle attention du public envers ces trésors commence à voir le jour.

Et pourtant, cette attirance n’échappe pas au matérialisme spirituel ambiant. Bien souvent, on constate que l’intérêt pour le bien-nommé « Yoga du Feu » est simplement une question de santé, de bien-être, voire de performance personnelle. Après tout, on me dira qu’il faut bien commencer par un bout, et que l’enseignement fera le reste. J’entends trop souvent cette remarque hasardeuse. D’expérience, je dois admettre que l’enseignement ne fait pas le reste et que c’est au contraire l’ego qui prend les commandes pour nous installer dans l’autosatisfaction narcissique, quand ce n’est pas de l’amusement infantile.

Il faut bien quelques vieux briscards pour injecter un peu d’innocence et de justesse dans ce grand supermarché de la spiritualité ! Alors voilà…

Tumm’o est un terme tibétain censé traduire un ensemble de pratiques yoguiques venues de l’Inde. Son homonyme sanskrit est « tapas ». L’objectif de Tumm’o est de stimuler notre Feu Sacré pour nous permettre de nous libérer de ce qui nous fait souffrir. L’idée est un peu la même que celle de brûler de vieux vêtements devenus inutiles. Vous pouvez rapiécer à l’infini vos vieux vêtements inutiles, ils resteront vieux, inutiles et encombrants. Les vieux vêtements sont ici tout ce qui nous maintient dans la prison des pensées, des émotions, des actions nuisibles, des souffrances, des impossibles, etc. Mais le Feu Sacré n’est pas que cela. Il y a bien l’idée, le désir de se libérer, mais cela n’apparaît pas toujours spontanément quand on vit dans cette grande confusion du samsâra. Quelque chose doit « allumer le feu ». Une prise de conscience opère une ouverture de l’esprit et offre un rendez-vous avec notre divinité. Peu importe que cela soit à la suite d’un événement quelconque, d’un enseignement, d’une méditation, une E.M.I., une rencontre extraterrestre, une canalisation. On s’en fiche ! Il y a cette rencontre et cela s’allume. Et nous entrons dans le monde de la Bhakti, la dévotion, la passion ou l’amour (pour le) divin. Ça ne peut plus s’éteindre. Non, jamais !

Lorsque vous méditez, même dans le profond désarroi, même de façon complètement désespérée, et que quelque chose semble briller timidement dans votre cœur, et qu’un léger vent d’espoir ou de contentement caresse votre joue l’espace d’une demi seconde, c’est cela le Feu Sacré. Vous y êtes ! Peut-être même percevez-vous une faible luminosité dans ce cœur ou bien au centre d’émotions ou de pensées. Le Feu Sacré peut prendre toutes les formes, grossières comme subtiles du Cosmos.

Ce feu a besoin de s’éveiller et de grandir tant que vous n’êtes pas encore sûre de votre perfection primordiale. Il vous donne le brûlant désir de célébrer cette perfection, certainement sous une forme amoindrie comme un Ishta-Deva, une réalité anthropomorphique bienheureuse et supérieure. De tels moments sont des stripteases du cœur éveillé, jusqu’au jour où le voici à nu, bienheureux comme il le fut toujours.

 

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