L’ami(e) spirituel(le)

Un enseignant spirituel qui ne prie pas pour ses étudiants n’est pas un enseignant mais une personne ordinaire travaillant dans le « business spirituel ». Un élève qui ne peut se relier à l’enseignant pour recevoir ces vagues de dons n’est pas un étudiant spirituel mais une personne sans réelle ambition dont la motivation est tout au plus un fantasme de libération. Heureusement, il faut de tout pour faire un monde, mais il est bon également de connaître ces aspects particuliers du Chemin.

La prière n’est pas ici celle des mendiants qui quémandent quelques miettes de bonheur mais l’injonction faite au divin d’apporter aide et secours à autrui, car c’est cela le job du Guru Ultime. Il attend qu’on perce un trou dans l’épaisse strate de l’ignorance pour s’exprimer, mieux pour s’imprimer, agir et bouleverser les paradigmes du samsâra.

Il est normal pour un maître de vivre dans le samadhi. C’est son état ordinaire. Les êtres qui vivent dans le samadhi sont des saints et des saintes, parfois des bouddhas. On les admire et tente de les côtoyer. Mais ce n’est pas le mode d’être d’un enseignant. Sans relâche, il doit quitter le confort du samadhi et entrer dans la prière et l’action pour le salut de ses étudiants. Il les prend par la main, redresse ce qui est tordu, étire ce qui est comprimé, vivifie ce qui dort… La grâce de l’éveil est son support et il se sacrifie sans doute ni remords. Le vrai sacrifice, c’est rendre sacrée toute la création, même si c’est déjà le cas pour lui.

Beaucoup de personnes souffrent. Cela est dû à leur karma, à leur inconscience relative aux lois de l’Univers et leur irrespect à l’égard de leur propre divinité et de son plan. On y trouve aussi nombre de souffrances dont elles ne sont pas directement responsables : des influences néfastes, des manipulations et viols psychiques qu’elles laissent entrer dans leur aura et dont elles vont prendre la charge, suscitant culpabilité, colère, peur. C’est pourquoi les saints et les yogis ne laissent pas les autres pénétrer dans leur aura. Les tenant à bonne distance, ils demeurent purs dans leurs vœux, leurs corps et leurs pensées.

Un enseignant qui verrouille ainsi son aura n’est pas un enseignant. Il est comme une mère qui tient la bouche du nourrisson loin de son sein, générant aberration, désir et frustration, et finalement la mort spirituelle. Il ne peut guider les êtres et devrait rester dans sa grotte magique jusqu’à ce qu’il atteigne la grâce. Le cœur de l’enseignant est pur et n’a pas à être défendu mais simplement offert. Il est dit que la Base (Kunshi) est pure et séparée de la création. Qu’est-ce que la pureté primordiale aurait à craindre puisqu’elle demeure au-delà de la dialectique du pur et de l’impur ?
L’enseignant encourt d’assumer le karma de ses étudiants. Et s’ils manquent d’excellence, il chutera avec eux. C’est un engagement bien risqué mais aussi emprunt d’un amour véritable. Que serait le monde sans cet amour ? Ah nous le savons bien !

Alors…

Si vous avez un enseignant, un guru, un maître, dans quelque discipline spirituelle que ce soit, demandez-lui de prier pour vous et surtout recevez ses vagues de dons et faites-en bon usage. Ne soyez pas des mendiants, faibles et gémissants au moindre inconfort. Recherchez l’excellence et battez-vous pour la Libération. Plutôt que vampire, soyez humblement égoïste et acquittez-vous de votre dette. Et à votre tour, priez aussi pour votre enseignant, qu’il soit lui-même excellent et qu’il vive le plus longtemps possible.

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