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mardi 9 février 2010

La posture correcte

La première fois que -furieusement- s'est réveillé en moi l'énergie de Kundalini, malgré une posture de qualité très médiocre, tous "mes corps" se sont arc-boutés, redressés, nettoyés... et le maintien de chaque membre, chaque muscle, organe, est soudain devenu parfait, onctueux et lumineux. C'était le mûdra de Vairocana, la posture initiale et courante de méditation. Depuis ce jour, j'ai une profonde confiance dans les dires insistants des yogi anciens et des maîtres au cœur aimant.

La raison en est simple : toutes les "acrobaties" que nous apprenons ont été transmises par eux, non-pas sur des bases conceptuelles, mais en tant que manifestations corporelles de leurs propres changements intérieurs, qui de toute évidence sont communs à l'humanité (une fois débarrassés de leurs exotismes). Chaque geste (mûdra), posture (asana), etc est une préfiguration de ce qui "va se passer" au moment où la roche de nos aliénations va s'effriter, s'attendrir ou même se dissoudre. Le maintien et la correction de la posture est comme un aspirateur de l'état lumineux et bienheureux de la genèse de notre propre courant de conscience. C'est pourquoi, la posture correcte doit être envisagée au-delà de toute morale, au-delà de l'héroïsme, et seulement en tant qu'anticipation de l'émergence de la Clarté Fondamentale.

Lorsqu'on pose une éponge sèche sur un sol humide, elle se gorge d'eau. C'est le principe de l'entraînement. Nous avons l'eau (le geste) et l'éponge (soi-même). D'instant en instant, toutes les conditions sont réunies. Il est juste question de poser l'éponge au bon endroit.

Non! Ne la jetez pas!

vendredi 5 février 2010

Les machines à bonheur

c_chaplin.pngLe saviez-vous? Il existe des machines à faire monter la kundalini, des DVD qui méditent "à votre place", des engins qui évaluent et corrigent votre niveau vital, intellectuel et émotionnel, d'autres qui abaissent le niveau des ondes cérébrales, des appareils informatiques qui encodent des pensées positives dans de l'eau à consommer...

Toute notre haute technologie au service du développement (durable?) du psychisme et de la spiritualité humaine!

Ah! Mais qu'est-ce que vous allez vous faire suer dans cet atelier de méditation!

jeudi 4 février 2010

Les souhaits

Le souhait tantrique est différent d'une prière adressée à un dieu, à un saint ou à un être doué d'un pouvoir spécial. C'est une prière laissée au vent, aux étoiles, à rien... même si le mental a besoin de dessiner un support imaginaire. Un souhait qui s'adresse à quelqu'un ou à quelque chose reste soumis à la culture et au pouvoir de ce quelqu'un, de ce quelque chose. En soi, cela n'a rien de répréhensible, c'est un travail psychologique comme un autre. Il faut seulement en être conscient et comprendre qu'il n'a pas sa place dans une pratique méditative car l'objectivation n'y est pas un mode opératoire privilégié. Le souhait est plus proche de notre nudité que les prières ne le seront jamais.

enfant_aux_bulles.jpgDans le cadre du yoga de la Claire Lumière, l'apparence formelle du destinataire est une symbolisation de la Clarté-Vacuité. Cette forme est un support, un outil, un véhicule. Un jouet ! Les objectivations mentales ne doivent pas être tenues indéfiniment mais perfectionnées, épurées, puis goûtées du bout du cœur, et enfin dissoutes.

Les souhaits sont comme des bulles de savon qu'on laisse voler au fil du vent. Elles contiennent une énergie de désir, et aussi une petite impulsion de départ selon qu'on a soufflé dans telle ou telle direction. Le grand ciel vide prend bien vite le relais, et le vent porte et pousse les bulles. Nous admettons la vanité de nos souhaits et cependant restons assez simples pour les émettre. Les émettre... car nos désirs demandent à vivre, pas à prendre forme, juste... à vivre. Quand la bulle éclate, chacun est plus léger, et le monde en est tout... chamboulé! Il n'est même pas besoin d'espérer.

Du moins je l'espère... ;o))

lundi 1 février 2010

Rendez-vous...

Rappel important pour les têtes de linotte ! La salle étant prise ce jour-là, l'atelier du samedi 6 février est reporté au dimanche 7 février à 10h. (Consulter l'agenda).

dimanche 31 janvier 2010

Posture en sept points

Mise à jour sur le texte racine du premier des sept points de la posture de Vairocana.

vendredi 29 janvier 2010

Les bodhi-toys

Le grand éveil se dit "grand" parce qu'il est sans cause ni conditions. Aussi la Voie ne saurait-elle nous y conduire. Si elle nous y conduisait, il serait le produit d'une cause, ce par quoi il ne serait pas "grand". En réalité, la Voie est ce qui nous permet de nous défaire de toutes les voies jusqu'au point exquis où Cela luit. Alors, cette voie est une non-voie, ce par quoi elle est La Voie!

Les choses, existant par leurs caractères, n'ont pas d'existence réelle, mais naissent et meurent en interdépendance. Et dans le fatras des dix-mille choses sont les "moyens habiles", trucs et astuces inventés par les sages pour aider les moins sages à se défaire des voi(l)es jusqu'à l'émergence de la Clarté. Les moyens habiles sont précieux au yogi comme à l'artisan ses outils. Mais à quoi peuvent-il bien ressembler, ces précieux outils de l'état de non-fabrication?

En attendant, je les appelle des "bodhi-toys", aussi indispensables que temporaires.

lundi 25 janvier 2010

La ville subtile

Atteindre la Félicité sans avoir à se changer, à réaliser des fantasmes ou à devenir "quelqu'un d'autre", cela nécessite d'apprendre à observer qui on est soi-même en amont de sa propre apparence et en amont de ses schémas corporels et psychiques. Rien de bien compliqué pourtant! Le moi est semblable à une ville faites de nombreuses maisons, de rues dont certaines sont droites et d'autres tortueuses, de parcs tantôt bien dessinés, tantôt laissés à l'abandon...

Si vous regardez une ville depuis un avion, elle semble exister en tant que ville, homogène, complète, intègre... C'est la magie de notre conscience "extérieure" ou superficielle. Le tantra nous invite à poser l'avion et à circuler dans les rues. C'est une expérience "au raz du sol". Cela semble trivial et primitif. Et ça l'est! On cherche souvent le corps subtil dans les éthers. C'est une démarche étrange, car il est là! Dans tout ce qui bouge, et dans tout ce que tente de demeurer. En circulant dans les rues, en se mêlant au mouvement incessant du vent qui s'y engouffre et à celui des piétons affairés, on peut éprouver ce qui anime les apparences, "glue magique" qui cimente ce moi fait de briques et de brocs ancestraux. Le frémissement de tout ce qui est nous renseigne continûment sur sa nature subtile.

Si le prâna est quelques instants maintenu dans le coeur, cette rencontre est possible. Il n'y a cependant rien à en dire. Et pourtant... bien que rien n'ait changé, rien n'est pareil! Un poing fermé cache un trésor. Je veux savoir. Le poing ouvert ne montre rien. Mais je sais.

Peut-être que joindre ses mains est la meilleure façon de les ouvrir? De même que les tendre vers l'autre est la meilleure façon de rester debout?

samedi 23 janvier 2010

Info

Teresa, Brigitte, Martine et moi nous sommes réunis ce soir autour de Sandra, notre charmante hôte hébergeant chacun d'entre-nous pour ses différentes activités. Nous avons le projet d'éditer une plaquette d'information et un site informatif communautaire, nos pratiques étant complémentaires. Sandra aimerait faire savoir que sont cabinet dispense une énergie curative de façon pluridisciplinaire, à Nantes, mais aussi au-delà sous la forme de stages.

vendredi 22 janvier 2010

Le mental de la carotte

J'ai rencontré une personne qui vient d'effectuer un stage de méditation intensive appelée "vipassana", méditation spécifique au Dharma et qu'on ne retrouve pas dans les traditions anciennes ou nouvelles. Je voudrais en parler ici car je suis très en colère, rapport à la manière dont cette personne a été traitée, vaguement entourée de "guides" à mon avis plutôt irresponsables. Je pense que ces précisions pourront être utiles aux internautes qui me suivent sur ce blog et aussi aux participants de notre atelier. Pardon pour le blabla théorique qui va suivre, mais là, ça semble vraiment nécessaire. Tout d'abord, ce stage durait 10 jours à raison de 12h de méditation quotidienne, 2 repas par jour (matin et midi) et la guidance s'effectuait en général par l'écoute de cassettes audio.

Vipassana est à l'origine une méditation destinée à observer la nature des choses (pensées, émotions, tangibles...) afin d'en percevoir leur qualité éphémère ou impermanent, leur non-réalité du point de vue de l'essence ou "non-soi", et leur caractéristique douloureuse en tant que vecteur d'attachement ou de répulsion. L'objectif est donc, sur la base de cette conscience, de ne plus être esclave des méandres de l'attirance et du dégoût pour pouvoir goûter à la qualité nue et claire d'une conscience non-fixée et attentive.

Cette méditation n'est pas destinée aux débutants. Elles est carrément dangereuse si l'on va vraiment "au bout des choses". Mais en général la plupart des gens la pratiquent négligemment dans un contexte qui tient plus du tourisme spirituel et du soupoudrage psy que d'un engagement à trouver le chemin de son coeur. Et pour une fois, je dirais "tant mieux!"

Autrefois, avant de pratiquer ce genre de méditation (je parle de "pratiquer vraiment"), le postulant réfléchissait à l'intérêt philosophique et sotériologique de sa démarche, préparait son corps et son esprit de diverses manières, et cela pouvait prendre des années, voire dix ans! Aujourd'hui, personne ou presque n'a ce genre d'énergie : la société moderne et les innombrables sollicitations qu'elle engendre et soutient sont un contexte très défavorable à une démarche aussi engagée. Chacun vaque à ses occupations et surmonte ses coups de blues et fait face au stress à coup de médocs et/ou de petites retouches "psychorapides".

Je ne sais pas si, à l'inverse, c'est une bonne chose d'être profond et de vouloir atteindre l'éveil à tout prix. Cela aussi engendre beaucoup de souffrances et de tortures et n'aide pas à avoir l'esprit léger, ni un coeur bondissant comme une gazelle.

La méditation qu'a pratiqué le Bouddha et avec laquelle il atteint l'éveil est samatha. Il la connaissait de longue date puisqu'il la pratiquait déjà dans les jardins du palais de son père avant qu'il s'en aille. Il l'a mis au point la méditation vipassana pour des raisons précises trop longues à détailler ici. En tous cas elle a une place bien déterminée dans un cursus méditatif et se positionne tout d'abord comme "renfort final". Samatha, à laquelle se relie le Yoga de la Claire Lumière, conduit l'esprit à se maintenir dans son état naturel. Les pensées et autres émotions se calment peu à peu, exactement comme les nuages quittent le ciel, le laissant à chaque fois toujours semblable : vide, vaste, clair, très simple... L'état mental et physique réalisé alors est appelé samâdhi, plus précisément "samâdhi d'entrée", autrement dit le premier des quatre stades extatiques de la conscience. Pour nous les trois stades suivants ne sont pas si importants car, à l'instant précis de l'entrée en samâdhi, une expérience de Clarté est présente. En réalité, elle n'est pas produite mais dévoilée. C'est ce qui fait la différence entre les techniques modernes où on "fabrique" du bonheur et du plaisir et la méditation où on cherche à laisser émerger un état dont on suppose qu'il est sous-jacent à toute condition humaine. Les qualités du samâdhi d'entrée sont très engageantes : plaisir - bonheur - vivacité mentale - précision. Ce sont en quelque sorte les effets collatéraux. Le problème est que le mental cherche instinctivement à s'approprier de telles qualités, ce qui provoque leur disparition. Une fois aguerri, il ne s'en préoccupe plus et cherche à maintenir le samâdhi. Et là aussi, il disparaît. Quel paradoxe! C'est en lâchant prise sur notre ambition de plaisir, bonheur, etc que nous réalisons le samâdhi et en voulant le maintenir que nous le perdons!

C'est ici qu'intervient la méditation vipassana. Son rôle est, par une ouverture de notre esprit à vacuité des choses, de maintenir le samâdhi. Le maintien du samâdhi permet l'éradication progressive de tous les germes de souffrance. Ce n'est pas une éradication semblable au travail d'un détergent ménager, mais au désamorçage de schèmes psycho-émotionnels entretenus par l'habitude, elle-même soutenue, voire engendrée par une sorte d'hypocrisie fondamentale. Enfin...c'est le moins que cela puisse apporter, le plus étant la Connaissance Transcendante. Par chance, S. (notre compagnon) était à la fois motivé, rompu à certaines techniques de Qi Qon, clair sur ses buts et perspicace. Mais son voisin, par exemple, a déclenché une psychose et fini à l'hopital! Et lui-même s'est retrouvé déstructuré mentalement et émotionnellement.

Comment fonctionne le désir? Il y a un objet, et moi qui suis persuadé de ma propre existence, je le veux. Si j'observe les qualités de l'objet (impermanent, sans réalité principielle, source de tracas puisqu'il ne me satisfera pas de toute façon) je vais le désirer moins, voire m'en détacher complètement. Mais que fait le mental à ce moment-là? Il panique : "Vite! Vite! Je veux désirer autre chose..." et il s'oriente vers autre chose. Et ça n'arrête jamais. Dans le cadre de vipassana, une fois que vous avez renoncé à tous les objets de pensée, le mental, incorrigible devient sensible aux émotions et ainsi de suite. Ainsi, l'activité mentale, puis émotionnelle, et enfin corporelle recule petit à petit. Plus scientifiquement, l'activité cérébrale passe du niveau bêta au niveau alpha, puis thêta. Au niveau delta (et si vous n'êtes déjà pas mort), vous avez réalisé le mental de la vache, ou plutôt de la carotte! Super!

Il y a pire : la cause de vos souffrances n'étant pas éradiquée, vous re-construisez ensuite les mêmes schémas maladifs et, de retour dans la folie ordinaire, vous allez beaucoup plus mal. De plus, en "état de vache", vous êtes tellement vulnérable, tellement offert, que n'importe qui peut effectuer sur vous une reprogrammation neuronale.

Voilà ce qui arrive si vipassana n'est pas soutenu par une expérience préalable de Clarté marquant de façon indélébile notre mémoire. Il s'en faut d'un cheveu qu'on soit projeté à l'antipode du but, et cela avec le même véhicule. La Clarté soutient la démarche méditative. Si nous n'avons pas un aperçu de "là" où nous voulons aller, notre voyage sera un expédient vers les ténèbres. On peut aimer l'aventure, aller vers l'inconnu, mais en réalité tous les aventuriers ont une étoile qui les guide. C'est pour cela qu'ils surmontent les obstacles, l'inconnu n'étant qu'un divertissement et non un but en soi.

Comment fonctionne vipassana avec les esprits "marqués" (du sceau de la Clarté)? Au moment où l'on sent que la Clarté diminue, ceci est comparable au ciel dans lequel les nuages reviennent. La diminution est donc le résultat d'un obscurcissement et non la disparition de la Clarté elle-même. Observant la nature des nuages (pensée, émotion...) le connaisseur est immédiatement enclin à s'en détacher, tout simplement parce qu'il sait qu'il a mieux à faire : être là, simplement dans la Clarté et toutes les qualités qui l'entourent. Alors, les nuages se dissolvent. Et à nouveau, Cela luit. Voilà, c'est un exemple très basique de la façon dont ont peut utiliser vipassana pendant la méditation. Il en existe des centaines d'autres!

Pour pratiquer la méditation, on ne doit pas seulement être responsable et engagé, pratiquer et étudier avec énergie et perspicacité, fabriquer son propre bâton de pèlerin... mais savoir précisément où on veut aller. Et pour cela, il n'y a que la découverte en soi de l'état naturel de l'esprit qui, encore une fois est clair et libéré depuis l'origine. Ceci résout sans le résoudre le paradoxe qui veut que pour s'éveiller on doit être... éveillé!

Merci d'avoir lu jusque là. J'attends vos réactions.

Et comme on dit dans d'autres galaxies : Que la Force soit avec toi!

dimanche 17 janvier 2010

Homme ou femme ?

On peut être physiologiquement
femme de sentant femme
homme se sentant homme
femme se sentant homme
homme se sentant femme
femme ne se sentant ni l'un ni l'autre
homme ne se sentant ni l'un ni l'autre...

Mais en-deçà de cette détermination sexuelle existe une situation de complétude où nos deux moitiés ne font qu'un, où il est impossible de pencher définitivement d'un côté comme de l'autre, où le désir se dévoile comme mouvement incessant, initiant un doux balancier qu'on appelle "frémissement", expérience immédiate du bonheur. Un bonheur où toute forme de manque ressemble à un vase sans fond qu'un inconnu remplit continûment.

En relâchant ses attentes, en découvrant la détente, chacun a accès à cette intime polarité. Et bien qu'il n'ait sur elle aucun pouvoir (et c'est tant-mieux !) il peut en pleine conscience s'ébattre librement dans le mouvement dansé du monde, des choses, et des autres surtout .

Ah! Les Autres... qui deviennent si chers lorsque se dissipent les lourds nuages du soi !

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