Le chant du fils

Hier c’était un célébration familiale de l’anniversaire de mon père. Quatre vingt onze ans. Honorable ! Par son comportement taiseux envers la profondeur de l’âme et depuis le début il m’apprend à vivre. Et c’est pour ça qu’en forme de cadeau j’ai entrepris de chanter pour lui le Gayatri mantra. Challenge ambitieux car il s’est toujours tenu à l’écart de mon innocence et des mes frasques spirituelles -incontournables ornements du Chemin. Il se tient à l’écart parce que mon cœur touche un peu trop le sien et ça le bouleverserait de l’admettre dans sa conscience.

Dans la partie ascendante de ma famille on ne se dit jamais « je t’aime ». On préfère le montrer par des actes ou éventuellement des paroles détournées. Il y a cette pudeur qui parfois touche plus le cœur que de vibrantes déclarations. Mais je sais : c’est assez rétro voire super-vintage et je vous emmerde.

Le Gayatri mantra est une sorte de demande aux éléments de nous aider à surmonter notre mental galopant dans la méditation.

Il y avait aussi ma mère mes enfants et leurs enfants. Tous furent invités à chanter. Ils ne le firent pas tous à ma façon aussi maladroite que délurée mais ils étaient là et c’était l’essentiel. Heureusement que l’harmonium indien était puissant et permettait un bon soutien harmonique. J’avais la voix chevrotante d’un Julien Clerc en phase dépressive mais c’était beau. Et le plus beau était ce décalage que provoquait cette tentative d’insémination d’un amour cosmique dans un amour familial. Beau également parce que l’amour est une propriété universelle de la Lumière et qu’il relie les êtres qu’ils le veuillent ou non. C’est en raison de ce savoir inné que je trouve tout « beau ». La laideur comme la peine la haine le terrorisme est constituée d’accidents de parcours et ne peut altérer la beauté fondamentale de l’amour. La laideur et ses ombres retournent seulement à leurs initiateurs. Encore et encore jusqu’à ce qu’ils comprennent l’iniquité de tels accidents. Cela prend parfois plusieurs périodes cosmique de création et de destruction de l’univers. Mais c’est ainsi.

Bref… Mon père dit après notre chant -surtout pour ne pas pleurer : « je suis bouleversé car mon mental galopant s’en est allé (comme c’est écrit dans la traduction) ». Que c’est beau et comme est belle la paraphrase. N’est-ce pas cela l’exubérance du Cosmos et sa richesse infinie ? Oui ! Oui celle que vous appelez « illusion » « faux-semblant » ou « confusion ».

Après les trois « OM » de la fin, il dit aussi : « moi j’ai chanté AMEN… c’est pareil en fait ! »

Cette aventure si ordinaire me comble. Elle me rappelle le « fils prodigue » qui après un long voyage retourne vers son père. On trouve cette histoire dans la Bible que Jésus emprunta à une parabole du Bouddha. Nous avons toujours des comptes à rendre au père. Je parle bien sûr du « père intérieur » : celui qui ne juge pas et demeure éternellement les bras grands ouverts attendant le retour du fils (qui n’est autre que le cœur activiste du père lui-même).

Heu… Ça marche aussi avec la mère la fille et tous ce que l’univers compte de LGBT+ évidemment ! 🙂

A bientôt !

One Comment

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *