Jour 58

Ce matin, c'est la pratique traditionnelle des préliminaires et ce soir ce sera Mahakala. Yes ! Après la sadhâna du matin, nous sommes allés nous perdre dans la forêt, des arbres de plus de vingt mètres parfois, ormes et cyprès, tout ce dont je rêvais. C'est le silence presque total hormis les bruits et cris d'animaux, l'énergie paisible de la végétation, la puissance de la terre vivante, introuvable dans les villes...

Il y a très peu de personnes aux pratiques dans le temple, une dizaine tout au plus. C'est donc paisoble aussi de ce côté-là. J'ai battu mon record en marchant plus d'une heure. Mais je suis rentré épuisé est ai dormi au moins deux heures.

En attendant de guérir, je ne sais pas si l'essoufflement à la suite d'un moindre geste va continuer ainsi. Je pense que je ne tiendrai pas si c'est le cas. Malgré ma paix et ma joie lumineuse, des failles de désespoir s'ouvrent parfois dans mon esprit. Et le doute m'assaille : pourquoi lutter lorsqu'il n'y a pas de différence entre la vie et la mort ? Oui, je sais, pour les autres. Mais j'ai déjà tant donné ! N'ai-je pas le droit de me reposer ? Et puis, où et comment vais-je trouver de nouvelles ressources ? Je ne sais répondre à ces questions car elles sont trop paradoxales.

Et il y a aussi cette force de vie et de rebond en moi, quelque chose qui ne m'appartient pas et dont je ne suis pas le maître, quelque chose qui vient de très loin et qui se tortille et brille et siffle en toute confiance. N'est-ce pas le "Feu Sacré" dont je vous rebats les oreilles ? Cette sorte de confiance fondamentale innée à tout être, au-delà même de l'instinct, tel un moteur puissant impossible à arrêter ?

Je crois que cette force ne peut se manifester lorsqu'on est attaché soit à la vie, soit à la mort. Je crois que cela doit être transcendé complètement, que l'esprit doit s'ouvrir sur "l'Au-Delà Des Peines" dont parle Bouddha, instance échappant à tout mode d’appréhension ordinaire.

Je dois toujours faire des efforts pour rester dans mon corps. C'est tellement bien lorsque je n'y suis pas ! Est-ce pour m'y ramener qu'il y a tant de souffrance ? Ou bien est-ce parce que je ne veux pas complètement le lâcher ? Je ne sais pas. Je ne sais rien. J'ai tout perdu et tout oublié. Il ne me reste que votre amour et celui des miens. Je voudrais être à la hauteur. Mais quelle est la hauteur de l'esprit, celle de la sagesse, celle de l'amour ?

Ce soir Élodie m'a dit : "Qu'est-ce qu'on est bien ensemble. On est tout le temps bien ensemble. Tu crois que ça peut durer pour l'éternité ?" Ah ! Petit-Cœur-de-Lune bien savoir parler à Yogi-Viking !"

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