Jour 54

Quand la toux est puissante car improductive, la douleur dans ma poitrine est vraiment grande. Et cela m'arrache des larmes. Alors ne prenez pas trop à la lettre ce que j'ai dit hier, faisant comme toujours le fanfaron, en arguant qu'on ne me trouvera pas déprimé. Quand les larmes jaillissent, c'est vrai qu'elles n'induisent pas nécessairement la déprime. Mais je voudrais dire, et il faut pour comprendre sortir des clichés de la psychologie de comptoir, que dans les larmes on trouve pêle-mêle l'énergie de "apana", la souffrance, la tristesse, le désespoir, l'envie de tout abandonner et bien d'autres sentiments pls ou moins contradictoires. C'est le dosage et le savant mélange qui déterminent le destin d'une seule larme tombant sur le sol.

Nous sommes un seul organisme. Et quand une larme tombe sur le sol, c'est la misère universelle qui s'exprime. Le samsâra pleure tout seul. Il n'y a personne pour y pleurer, personne pour le faire pleurer. Tant que je suis une personne, je pleure et je souffre. Mais quand je ne suis personne, il n'y a pas de "je" qui soit concerné. C'est à la fois terrible et merveilleux. C'est merveilleux quand tu commences à ressentir que ta souffrance n'a rien de personnel ! Tu n'as plus besoin de te charcuter le cœur. N'est-ce pas ce qu'à vécu le Christ ?

Il me semble que "ne pas être" forme le socle d'un super-pouvoir : l'Amour Universel.

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