Jour 4

Vraiment inquiet à l'idée d'être à nouveau dans cette distorsion du corps/esprit, je fais de grands efforts pour rester soit éveillé, soit dans la phase du rêve toute la nuit. J'y parviens en oscillant entre ces deux phases, mais c'est épuisant.

D'ailleurs, la sadhâna ne commencera qu'à 5 heures ce matin. A cette heure-là, c'est très différent car le mental est beaucoup plus actif. Mais ça ne me gène pas. J'aime bien le mental, il est plutôt drôle avec son côté un peu débile et manipulateur. Une véritable épopée se met en place : les chakras sont devenus des personnages  avec chacun leurs personnalités, leurs super-pouvoirs, leurs tracas et attentes. Ils sont comme des locataires distribués dans les étages d'un immeuble et s'interpellent les uns et les autres pour des choses tantôt graves, tantôt futiles.

J'aurais aimé posséder un enregistreur de pensées car il y avait là un véritable roman à concocter, aussi instructif qu'hilarant. Mais les transhumanistes vont bien nous pondre un truc du genre ! Parole d'inutile...

En écoutant les chakras discuter entre eux, je réalise que le troisième (il s'appelle Manip) n'est pas très content. En effet, il est trop sollicité par la voisine du dessus (Anah) qu'il trouve chiante et par les moqueries de Mulhad, à la cave, qui l'interpelle sans cesse. Il faut dire qu'Anah est venue demander de l'aide à Mulhad qui n'aime pas se faire importuner. Mais Mulhad la considère comme une pimbêche bien trop délicate pour un rustre comme lui et demande à Manip de venir à la rescousse. Sauf que Manip sait traiter directement avec Anah, il n'a pas besoin de Mulhad pour ça, et il n'a pas envie de le coacher par-dessus le marché. De toute façon, ça l’énerve que Mulhad lui donne des ordres. Enfin bref, on est en plein dans les Feux de l'Amour !

A la fin de la sadhâna, tout est rentré dans l'ordre. Méditation. Relaxation. Je me dis que je ne tiendrai pas à lutter contre le sommeil une nuit de plus.

Dans la journée, en partageant, il s'avère que cette peur de dissociation n'a pas de pertinence. En effet, soit je quitte mon corps et ne reviens plus, ce qui est très bien, soit quelque chose mute et je survis, ce qui est très bien aussi. A quoi sert-il donc d'avoir peur ? Je prends le parti de m'en ficher complètement, d'autant que tout me convient parfaitement. Ça me rassure, et finalement j'attends le soir avec impatience. J'ai retrouvé mon mantra favori : "Rien à foutre".

 

 

 

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