Ecole de Adi Yoga - Nantes et Ile de France
 
Jour 392

Jour 392

Lorsque tu étais enfant, vers trois ans, tu ne voyais pas le monde comme séparé de toi. Tous les alentours t'interrogeaient comme faisant partie de ton expérience globale et souvent jubilatoire. Le soleil, la lune, les animaux, les arbres (...) n'avaient pas de secret et étaient doués d'intelligence, d'amour et de vie, voire même d'une sorte d'humanité.

Tu donnais et recevais spontanément, et partageait tout, choses et émotions, sans aucun filtre. Tu ressentais la Vie en termes de flux et tout était évident, sans discussion hormis un insatiable besoin de curiosité et d'expérimentation. La souffrance comme le bonheur du soi-disant "Autre" n'étaient pas en dehors de toi. Bravant un à un tous les dangers, tu savait que chaque mystère exploré trouvait sa réponse dans son évidente présence.

Que ton cerveau ne soit pas encore complètement développé était une chance inouïe. Que le mental ne se soit pas encore emparé de ton esprit était une grâce et l'opportunité de l'expérience des bouddhas.

Mais cela s'est gâté, n'est-ce pas ? Il a fallu qu'on t'affuble d'une identité, qu'on t'enseigne les bonnes manières, les règles sociales, les coutumes, la religion... Ce merveilleux monde s'est écroulé et tu es devenue "toi" face à l'infini, face à l'innumérable des choses et êtres. Nouvelle expérience qui se produit souvent dans la douleur, l'incompréhension, la stupéfaction...

Mais cet enfant n'est pas mort, juste en hibernation dans ta mémoire, ce qui te vaut moult fantasme d'une réalité meilleure, une quête incessante d'un paradis perdu, d'une angoisse du moment présent.

Qui pense à réveiller l'enfant intérieur plutôt que de courir après d'improbables réalisations à coup d'accumulation de biens et bienfaits, d'amitiés, d'enfants et de savoirs ? Qui, désormais doté d'un cerveau pleinement opérationnel, pense à retrouver cet état noétique de perfection et d'immersion totale en ce-qui-est ?

C'est le propos de la méditation toute simple qui se déroule au fil de chaque instant et où on laisse  tous ces jouets toxiques se démanteler sans apitoiement et sans crainte, immergé dans la totalité, un avec l'expérience, comme au début mais avec la capacité d'analyse, de jugement, de déduction en plus, bref, la possibilité de jouir et de le savoir.

Le Sentier ne nous conduit pas vers un ailleurs mais nous ramène à la maison.

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