Ecole de Adi Yoga - Nantes et Ile de France
 
Jour 391

Jour 391

Tout ce qui existe ou se produit est créé par l'esprit seul. Lorsque j'étais plus jeune, je comprenais cela d'une manière un peu bizarre. Je pensais logiquement que, si cette assertion était vraie, je pouvais fabriquer des choses ou des situations uniquement par la force de mon esprit. Je m'évertuais donc de "créer" en ce sens mais cela ne fonctionnait pas. Les seuls changements que je pouvais introduire était de constater la force et l'intangibilité des dix milles choses, une terrible présence de la matière et l'insaisissabilité du temps qui passe. Que de déceptions ! Comment aurais-je pu créer une étoile ou bien éteindre le soleil. Il faut dire que, malgré ma foi dans le Dharma, j'étais passablement stupide. Mais le cœur pur. Et heureusement ce cœur m'a aidé avec le temps à obtenir une compréhension plus juste.

En réalité, le Cosmos, tel qu'il est a bien une existence réelle, même sans essence, même vide du point de vue de la loi de l'interdépendance. Ce que crée l'esprit est une appréciation fausse par rapport à cette base d'imputation qu'est le Réel. Ce que nous percevons dans la perspective du samsara n'est pas "l'ainsité" (tatha) du monde mais une interprétation passée par les filtres inconscients de toutes sortes. Alors oui, nous créons bien ce monde, constamment et dans sa totalité.

l'infinité de êtres doués d'un esprit crée une infinité des mondes différents. Et tout cela cohabite en vertu de leur vacuité fondamentale. Parfois ils s''entrechoquent, parfois ils coopèrent. Ce que je sais est que, tant que l'éveil n'a pas pris place, dans notre cœur, il n'y a pas une once de ce monde que nous connaissions. Et lorsque nous le connaissons, il n'y a rien à en dire, rien de spécial qui puisse être transmis.

De la confusion à l'éveil, le chemin n'est que déceptions en tous genres, désillusions, désapprentissages. Du moins tant que nous restons attachés aux innombrables perversions du samsara. Puis vient la joie infinie, la clarté, la lumière et l'amour, non pas pour quelque chose mais en soi, tel quel, comme une vérité brute plus lourde encore que n'importe quelle souffrance, plus légère encore que l'espace insaisissable du ciel.

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