Jour 22

Cette nuit, je ne me suis pas levé pour faire la sadhana. J'en ai marre de faire des efforts. J'en ai marre de lutter pour une vie qui finira de toute façon. Et je ne me vois pas imposer à mon entourage le pénible périple de la déglingue, voire de l'agonie. C'est vrai que les gens manquent souvent de panache et meurent à des âges indécents, ruinant leur famille après l'avoir épuisée moralement. Je ne trouve pas ça très classe, en fait.

Mais je dois l'admettre, je lutte pour la survie. C'est ça l'instinct.

Le soir, ou la nuit, je prie ma Mère de m'emporter sur ses immenses ailes de Claire-Lumière et d'aller me déposer aux pieds du Bouddha Amitabha qui, je sais, m'attend. De pieds ferme justement. Je l'implore en ces mots :

"Ô Ma, l'Indomptable et Prompte,

Fais de moi ton serviteur éternel

Veuille couper le lien

A cette viande puante

Et me prendre dans tes bras

Pour aller loin, loin

Par-delà les étoiles

Où tout est amour et lumière

Où je pourrai luire

Au firmament des êtres

Sans autre projet

Que la luminescence

De l'Amour et de l’Être !"

Mais elle ne dit mot et sourit, me caresse la tête. Alors, le lendemain vient le soleil, et une fois de plus je mets on slip et fait du café...

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