Jour 19

Ça se dégrade continuellement. D'autres douleurs sont apparues : des raideurs dans les mollets, puis désormais des douleurs très fortes sous les talons et qui m'empêchent de marcher normalement. Alors, dès que j'en ai le temps je pars marcher dans la Nature. Par moment, on dirait un mec bourré mais je ne croise personne.

Désormais je tousse presque tout le temps, plus encore lorsqu'il faut parler ou manger, et aussi m'allonger sur le dos. J'ai l'impression d'être ne vague, une vieille vague venant d'un autre continent, arrivant sur le sable chaud d'une plage inconnue. Elle vient y mourir. D'autres vagues arrivent derrière, presque insolentes à joyeusement la submerger ! Elle voudrait s'enfoncer dans le sable. Mais ce n'est pas ainsi que cela se passe. Le vague se retire, doucement, après avoir craché quelque écume fraiche, pour retourner se lover dans le grand océan, la mer, la Mère...

Je ne sais ce que le futur me réserve, et je m'en fous. Mais je suis tellement déçu de cet épouvantable échec de la race humaine, de cette civilisation en déliquescence.  Cela tourne en boucle dans mon esprit, comme si j'en étais responsable. N'est-ce pas un brin stupide ?

Les dernières paroles du Bouddha furent : "Comme ce monde est magnifique lorsqu'on va mourir..."

C'est beau, non ? Tellement vrai ! Il était authentique. Authentique. Le monde de demain, rempli de maîtres, de conteuses et conteurs, de chamanes, d'illuminé-es en tous genres, où pas un être ne restera sur le carreau, sera tout simplement authentique. C'est bien plus grand que l'amour dont nous rêvons aujourd'hui.

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