Jour 13

J'en ai marre de toujours parler de ce corps en pleine déchéance, d'autant que plus il déchoit plus l'esprit est vaste et lumineux. A quoi faut-il rester accroché ? A la branche de l'arbre qui ploie ou au ciel tout entier ? J'ai la réponse mais je redoute de t'effrayer.

Je suis dans la famille de ma chérie aujourd'hui, et pour deux jours. J'appréhende évidemment les repas, les conversations et le fait qu'ils me découvrent en piteux états, après quelques mois. Il est où le fier Navjeet ? On dirait un vaisseau fantôme tanguant dans la nuit noire.

Je m'en sors à peu près. J'ai pu faire ma pratique dans une petite pièce. A 4 heures cette fois. Ça doit t'énerver que je rapporte à chaque fois l'heure de la sadhâna, hein ? C'est ainsi un journal de bord.

Méditation - La Claire-Lumière Mère n'a pas d'origine mais aussi pas de finalité. Cela signifie que sur le Sentier, nous devons absolument nous libérer des quêtes visant l'Alpha et de l’Oméga de toute chose. C'est une perte de temps et un passeport (non vaccinal) pour la confusion et son accroissement. La Lumière est donc spontanément dévoilée à qui se rend disponible totalement. Quant aux autres, pourvu que le chemin soit nourri de cette recherche de disponibilité absolue et non d'archéologie et de prospective.

Si l'on observe le monde à partir de la lumière nue de la conscience, tout est vu dans sa réalité et il n'y a rien à y redire. Cela est semblable au soleil qui brille et éclaire tout. Si l'on observe le monde à partir de l'intention, l'on se tient à contre-jour, ne percevant plus que des ombres incertaines auxquelles on donne sens et formes. Et dans ce clair-obscur, il faut toujours plus de ces formes pour opacifier l'éblouissante clarté de la conscience qu'on ne saurait regarder en face.

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