Jour 11

Il y a toujours plus de pensées négatives dans la nuit ou bien tôt le matin. Aujourd'hui, sur le pont à 5 heures. Je préfèrerais entre 2 et 4 heures, entre l'heure du Boeuf et celle du Tigre, moment où les bouddhas atteignent l'éveil ! 😉 Mais je refus d'utiliser un réveil et bien que nous soyons à la campagne il n'y a pas de coq ici. C'est bien dommage car entendre chanter le coq très tôt a vraiment quelque chose de merveilleux. Cela a bercé mon enfance. Mais aujourd'hui, surtout en ce moment où les parigots investissent les campagnes, tu peux vite te retrouver en procès !

La pensée qui m'occupe est que j'ai le sentiment d'avoir accompli ma destinée et que je n'ai plus rien à faire ici. Mais je me demande si, justement, ce ne serait pas une idée de plus, loin d'être juste. Peut-être que je manque de reconnaissance en ce moment. Juste respirer, même aussi péniblement que dans mon cas, devrait être une joie. Non ?

Au moment où j'écris ces lignes, cette idée a justement disparu et je sens la force en moi, une force terrible capable de déplacer des montagnes. Je voudrais continuer à initier mille projets pour l'éternité et peu importe qu'ils voient le jour, peu importe que je les vois moi-même. La Claire-Lumière du Mélange (qui consiste à demeurer dans l'expérience de la nature de l'esprit quoiqu'il arrive) fait que tu ne peux jamais te reposer sur une idée, ni même un sentiment, une sensation, un savoir. L'Univers entier est un barattage incessant de sables multicolores. Il faut s'y faire et se laisser baratter. Tout effort me semble être inapproprié, un acte violent et stupide, une tentative vouée d'avance à l'échec, un espoir vain d'être soi, d'exister, d'avoir un "moi". Tout existe déjà, tout est là, parfaitement accompli : c'est quoi cette arrogance humaine de vouloir accomplir l'accompli, de vouloir être alors qu'on est ?

Je crois qu'en ce moment la maladie et la dépression m'enseignent. J'aurais préféré un truc plus sexy, mais bon...

D'ailleurs, ma chérie me dit : "Ne t'en fais pas, ça va s'arrêter à un moment. Et ça ira. Et si tu meurs, ça va s'arrêter aussi. Donc, dans tous les cas, ça ira !" Elle est trop forte ! 🙂

 

 

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