Jour 101

Ce soir, nous avions organisé une "fête des voisins" comme chaque année en période de rentrée. Des tables dans la rue, des chaises, et chaque famille apporte des plats et des boissons. Je ne me sentais pas bien (fatigue et nausées) mais j'ai pu rester une petite heure. Au moment où j'écris (minuit passé), ils sont encore bien présents et les enfants aussi. Élodie est restée longtemps. Quant à moi, pas très sociable, je m'auto-excuse en pensant que je ne peux me permettre de prendre le risque de chopper un virus. Alors, je suis resté de longues heures près de mon arbre, le soleil déclinant doucement.

Je n'ai pas vraiment eu d'énormes "coups de mou" comme avec les perfs précédentes. Mais ça peut encore arriver demain quoique au moment précis où j'écris, demain n'existe pas. 😉

J'ignore ce qu'on donné les manifs d'aujourd'hui. Ces actions sont sûrement très utiles. Mais combien de participants ont au préalable ouvert leur esprit, recherché l'équanimité, l'amour et la tolérance ? Comment un changement de paradigme pourrait-il avoir lieu si chacun néglige d'ouvrir son coeur à la beauté et l'intelligence en prenant pour exemple personnel les messages naturels que délivre sans interruption cet univers ? Qui peut prétendre vaincre le mal s'il ne l'a pas vaincu en lui ? Et enfin, qui comprend que ce sont nous-mêmes, par notre soumission, notre silence, notre peur et notre cupidité qui avons installé cette dictature ? Comme on dit : "le bruit des bottes s'accordent au silence des pantoufles".

Je le proclame encore une fois, ce n'est plus le moment de s'enraciner, ni de montrer sa force, mais celui d'ouvrir son troisième œil. Fais-le et le reste suivra. Un cœur vaillant et un œil grand ouvert, c'est ce dont nous avons besoin aujourd'hui. Bouddha a identifié la source de tous maux comme étant l'ignorance (avidya), la "né-science" littéralement. C'est une définition philosophique qui se traduit en pratique par le fait de ne pas voir, ne pas analyser, ne pas comprendre. Nous limitons de telles fonctions en raison de notre incessante quête du confort, la quête du plus court chemin qui éviterait la remise en question, l'inconfort justement, toute prise de risque et de responsabilité. Il s'agit de ce que j'appelle l'hypocrisie inconsciente, comportement automatique qu'il n'est pas aisé de mettre au grand jour de l'esprit.

Certes, on peut dire que notre société est en état de légitime défense face à une minorité de psychopathes. Mais sont-ils donc tombés du Ciel ? Ne font-il pas partie du peuple ? Allons, soyons sérieux. Ils sont une part de nous-mêmes, nous les avons fabriqués et encouragés, parce que cette part existait déjà en nous, et nous voulions qu'elle soit à l'extérieur. Quelle erreur ! Il en va ici de notre responsabilité collective. Il n'est pas possible de les traiter en ennemis et chacun doit faire sa révolution intérieure en premier. Si chacun agissait ainsi avec courage et bienveillance, il n'y aurait même pas besoin de lever le petit doigt ! Je répète : "Si chacun agissait ainsi avec courage et bienveillance, il n'y aurait même pas besoin de lever le petit doigt !" Allez, encore une fois, on répète tous ensembles : "Si chacun agissait ainsi avec courage et bienveillance, il n'y aurait même pas besoin de lever le petit doigt !" Ben alors, vas-y maintenant !

Lorsque la conscience est ouverte et calme, un monde extraordinaire s'étale sous nos yeux, ce qui remet dans une juste perspective la pitoyable lutte de l'humanité engoncée dans ses perpétuelles bassesses. L'hypocrisie inconsciente apparaît alors comme un noir nuage se dissipant au vent de l'amour éclairé. C'est l'enjeu de notre époque, un enjeu qui ne s'était pas encore manifesté dans notre civilisation. Tout peut encore changer. Tout !

Quoiqu'il se passe dans le samsâra, le combat ultime et viable sera toujours de faire surgir de soi l'Amour-Sagesse. Car c'est une arme indestructible contre laquelle rien ni personne ne saurait lutter. Le reste, c'est de l'inévitable ajustement conjoncturel.

Je nous souhaite du courage.

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