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jeudi 26 août 2010

Obstacles dans la méditation

On peut juger de l'efficience d'une voie yoguique autant à ses bienfaits qu'aux désagréments qu'elle engendre. Lorsque vous vous entraînez à la méditation, et notamment à celle qui consiste à permettre l'union des deux nadis dans le canal du centre. Cela peut occasionner au début un certain nombre de difficultés. Il est important d'en être averti. Les maîtres du passé ont eu coutume de ne donner à leurs élèves que peu d'indications sur les bons et mauvais effets à court terme des pratiques qu'ils enseignaient. La raison à cela est simple : éviter tout conditionnement préalable dans l'esprit de l'élève. En effet, si vous saviez à l'avance ce qui va se produire au cours de l'entraînement, vous auriez tendance à orienter vos attentes et passeriez sans-doute à côté de l'essentiel de l'expérience.

Mais le monde a bien changé depuis, et chacun connaît ou peut connaître presque tout sur tout! Du moins le croit-on. Je n'ai pas de certitudes sur le bien-fondé ou non d'une circulation mondialisée d'informations qui étaient autrefois tenues partiellement secrètes. Ce qui est sûr, c'est que désormais nous devons faire avec. La diffusion en masse de ces pratiques par les maîtres contemporains n'est sans-doute ni une bonne ni une mauvaise chose. Cela augmente l'accessibilité des enseignements. Et cela en augmente aussi le risque de leur dévoiement à divers degrés.

Pour en revenir au sujet, les maîtres disaient unanimement : "Quoiqu'il se passe, ne t'attache pas aux expériences, laisse-les aller telles qu'elles sont venues. Toutes les expériences sont des impressions de l'esprit, vides, éphémères, sans substance..."Voulaient-ils minimiser la valeur de ces diverses expériences? Ou bien souhaitaient-ils souligner la prééminence de l'entraînement spirituel? En tous cas, il s'avère qu'il existe bien un schéma commun aux êtres en ce qui concerne l'éveil de la conscience par le yoga, ou plutôt "les" yogas, même si cela reste diversement symbolisé selon chacun, les cultures, les époques. Toujours selon ces maîtres, au long du chemin, toute expérience est considérée comme transitoire. Toute expérience devient obstacle si l'on s'y attache, si l'on tente de se l'approprier comme réalisation finale, si on l'étudie en détail ou à outrance.

Aujourd'hui, en raison ou à cause de toutes les informations dont nous disposons et qui demeurent aisément accessibles, je crois qu'il est sage que chacun soit averti des difficultés qu'il peut rencontrer au cours de sa pratique. Voici un petit panorama de difficultés que vous pourriez rencontrer les premiers jours ou premiers mois, lorsque la méditation commence à produire ses effets. Ce n'est pas une liste exhaustive, et j'essaye de rester le plus généraliste possible, sachant que la perception de chacun diffère de celle de son voisin :

- Apparition de souvenirs douloureux

- Surgissement d'émotions nouvelles et déstabilisantes

- Réveil de maladies anciennes physiques et psychologiques

- Douleurs physiques

- Inappétence et/ou excitation sexuelle

- Dépression et/ou hyperactivité

- Angoisse, phobies

- Désespoir passager

- Sensations de type paranoïaque

- Hallucinations infernales et/ou paradisiaques

- ...

Bon, je m'arrête là, sinon ça risque de devenir décourageant ;o) Mieux vaut tenter de donner quelques explications. Au tout début, tout semble formidable. C'est un peu comme un départ pour un long et beau voyage. Enthousiasme mis à part, nous entreprenons toutefois ce voyage avec beaucoup trop de bagages, et des boulets, et des casseroles attachées à notre véhicule. Il y a des cordes qui se brisent, des remorques qui demandent à être désamarrées... Et c'est ce qui arrive si l'on persévère. C'est un processus naturel de détoxication. Il est directement lié à la pratique de méditation. Il n'y a donc pas lieu de s'inquiéter, et au contraire de se réjouir. Comment cela fonctionne t-il? Ce qui nous motive à méditer est précisément ce qui nous aliène. Nous devons donc nous en débarrasser si nous voulons avancer sereinement, vite et bien. Mais comme c'est aussi ce qui nous motive, nous ne pouvons pas nous en défaire trop tôt au risque de perdre ou d'altérer cette motivation. C'est le paradoxe de l'état de folie ordinaire dans lequel nous sommes actuellement. Il nous faut accepter le changement et en même temps rester concentré sur notre but. Accepter la coupure d'avec nos habitudes et autres petites névroses sans désolation, et tendre vers le but sans crispation. Une fois que la détoxication commence, notre motivation change et le but devient plus clair. La remise en circulation du prâna dans les nâdis, avec tous ses affluents opère comme un ramonage ou un nettoyage dans notre être holistique. Cela intervient sur le corps physique, émotionnel, mental... Reprenons la liste :

Les souvenirs douloureux (qui n'en a pas?) sont des expériences négatives que nous avions refoulées. Le refoulement est un fonctionnement automatique de l'esprit qui permet de maintenir par l'oubli ou l'inhibition un certain équilibre. C'est en fait un processus de conservation, un peu comme on congèle des restes de nourriture. Si nous étions éveillés, nous pourrions nous libérer des expériences négatives au fur et à mesure qu'elles se produisent. Mais pour l'instant, ce n'est pas le cas. Alors, nous stockons. C'est-à-dire que l'énergie de ces expériences se trouve partiellement neutralisée ou immobilisée, échappant ainsi à la conscience (quoique partiellement). Quand le prâna pénètre dans les nadis obstrués par ces énergies aliénées, celles-ci se remettent en action et suivent alors leur parcours initial provoquant ainsi le surgissement des souvenirs qui y sont attachés, avec leur lot de symboles, d'impressions, de sentiments, de réflexions, etc. Plutôt que d'entrer dans des descriptions compliquées, je voudrais dire qu'à ce moment-là la charge émotionnelle négative de ces souvenirs se libère, ce qui signifie que cette souffrance est en train de disparaître à jamais. Du moins est-ce une occasion merveilleuse. Hélas, nos conditionnements mentaux faits d'habituations et de croyances nous poussent à re-créer le processus de cette souffrance alors qu'elle est en passe de se dissoudre. Il est important d'être averti de ce processus pour pouvoir s'offrir la chance d'abandonner, de laisser partir la douleur. Les émotions déstabilisantes surviennent à la suite de la pénétration du prâna dans des nadis pas forcément obstrués mais qui n'ont jamais été "irrigués". C'est un peu comme faire la découverte d'un nouveau monde, avec des habitants totalement différents de nous, une nature et des choses inconnues. Le fait que ces émotions soient déstabilisantes tient en votre propre personnalité qui a besoin de sécurité, d'un monde connu et fiable. En l'occurrence, ces émotions provoquent une remise en question très puissante de "ce" que vous êtes. Et vous resterez déstabilisé tout le temps que vous n'aurez pas reconstruit votre propre image (aliénation) ou renoncé à elle (libération).

La résurgence de maladies anciennes (ou l'apparition de nouvelles) résulte également de la pénétration des nadis. Les maladies ont un rôle. Ce sont elles qui permettent l'équilibre précaire et la survie dans le monde des phénomènes. Elles signent moins un problème qu'elles n'indiquent une voie à suivre. Ces maladies seraient apparues de toute façon. Ici, elles sont stimulées par l'accroissement énergétique. Réjouissez-vous car elles viennent à point nommé au moment précis où vous voulez vous débarrasser de la souffrance! C'est un gain de temps très précieux. Comme pour la charge des souvenirs enfouis, elles vont disparaître à jamais.

Les douleurs physiques sont de deux sortes, celles dues à l'apprentissage de postures inhabituelles et celles dues à la pénétration du prâna dans des nadis rigidifiés ou amorphes. Il est facile de les distinguer. Les premières se reconnaissent morphologiquement en lien avec les efforts physiques à produire. Quant aux autres, les plus déterminantes sur le plan de la purification énergétique, sont relatives à l'état des canaux subtils nouvellement investis. Il n'y a rien de plus à faire que d'accepter ces douleurs passagères. Elles disparaîtront d'elles-mêmes au fur et à mesure du nettoyage.

L'inappétence sexuelle est due à la transformation de l'énergie sexuelle. Elle ne disparaît pas mais se trouve détournée dans son parcours. Liée originellement aux fonctions de reproduction, l'énergie sexuelle est la forme la plus métabolisée du prâna avant le corps physique dont elle est censé engendrer les moyens de procréation. Pour l'humain, le désir de procréer et celui de la jouissance sexuelle sont intimement entremêlés. Mais du point de vue du yoga, il s'agit de deux fonctions énergétiques différentes, même si elles sont en constante collaboration. La "réorganisation" des flux de ces énergies provoquée par l'investigation des chakras racine et du nombril engendre une libération du désir de jouissance qui s'oriente spontanément vers la quête spirituelle. Il en résulte que cette notion d'inappétence n'est pas éprouvée comme telle par le yogi mais au contraire comme un rassasiement, un contentement. Il n'y a donc pas lieu de s'en désoler, sauf si on souhaite ardemment s'intégrer aux modèles de sexualité contemporains véhiculés par les médias ;o) Cela reste toutefois une certaine difficulté car, tant que cette énergie ne sera pas totalement transformée en ouverture aux autres, en empathie universelle, en amour philanthropique, l'inappétence (apparente) sera source peut-être de quelques soucis, par exemple dans le cadre d'une vie de couple, ou bien parce qu'on voudrait être aimé tellement plus qu'on aime soi-même. L'inverse est également possible. En effet, la séparation des deux énergies peut exacerber le désir sexuel. Cela peut induire la quête de "samadhis orgasmiques" (ce qui n'est pas tout-à-fait l'espace lumineux de la Claire-Lumière!) et engendrer une certaine confusion quant au but de la pratique. Les femmes ont la chance d'être plus subtiles que les hommes dont le désir est fortement conditionné par la production spermatique. Ce paragraphe concerne donc les hommes au premier chef.

La déprime et/ou l'hyperactivité sont dues au fait que le mental ne parvient pas encore à considérer les expériences comme vides de toute réalité en soi. Soyez patients, et observez attentivement le mouvement impermanent de tout ce qui survient, encore et encore. J'ai écrit plusieurs billets sur ce que l'impermanence a à nous offrir. Le Vide, que dans notre quête de solidité et de validation égotique nous fuyons sans-cesse, n'est pas un déficit, un néant, une désolation, une source d'effroi... mais la matrice pure et inaltérée de tout ce qui est ou surgit. Il est la Maison-Dieu de toute chose, un espace totalement ouvert, nu et accueillant.

Angoisses, phobies... sont à relier aux apparitions momentanées des souvenirs douloureux et résurgences de maladies. Là encore, c'est une difficulté du mental à s'adapter aux mutations organisées par la mise en mouvement du prâna. Cela ne durera pas.

Le désespoir passager est celui du drogué qui réalise soudain qu'il ne touchera plus jamais à sa drogue. Il sait que c'est une bonne chose, mais son corps en réclame encore. On doit apprendre à renoncer. Tous les choix comportent leurs "petites mutilations". Mais c'est une très bonne difficulté car elle signifie que vous avez déjà gouté au samâdhi et que vous savez intimement dans quelle direction aller. Alors, allez-y!

La paranoïa vient ici avec la perte partielle de repères corporels, mentaux, émotionnels. L'ego est désorienté car son discours habituel et son monde magique ne sont plus entièrement valides. Vous avez besoin de vous reconstruire une nouvelle histoire, un nouveau monde. Hélas, ça ne sera pas meilleur. C'est donc une difficulté importante. Essayez d'être plus observateur et de vous concentrer sur la pratique elle-même. Méditez sur le Vide. Apprenez à lâcher-prise sur tout et de façon continuelle.

Les hallucinations n'ont pas beaucoup d'intérêt. En fait nous sommes constamment envahis d'hallucinations que nous prenons pour la réalité. Tout ce que l'esprit projette est hallucinations. A cause de la méditation, en voici simplement de nouvelles. Nous faisons une distinction mais il n'y a rien de changé au fond. Parfois, certaines personnes prennent ces nouvelles expériences pour la réalité, les opposant à ce qu'elles vivaient et comprenaient avant. Elles pensent avoir obtenu une révélation, une grâce divine... et se mettent à écrire des livres et faire des conférences. Mais entre les hallucinations d'avant et celles d'après, c'est blanc bonnet et bonnet blanc! Sachez seulement que tout cela est normal et résulte des nouvelles investigations du prâna dans votre corps subtil. Laissez-les aller.

Il y a bien d'autres difficultés singulières à surmonter. Mais les joies et les avancements rencontrés sont largement supérieurs à tout cela (ouf!) Il est bon tout de même de connaître l'existence de ces difficultés, car leur apparition éveille notre capacité d'auto-évaluation. Elles sont des guides. Et aussi les prémices d'une vie meilleure.

D'ailleurs, joies et avancements sont aussi des guides et des prémices. Si ce billet vous plaît, j'en ferai un autre sur le bonheur et les bons développements de la méditation.

mercredi 21 juillet 2010

Travail et masochisme consensuel

les-temps-modernes.jpgCoup de gueule de la semaine.

Personne n'a jamais obligé les humains à travailler. Pourtant, cela fait bien une vingtaine de millénaires que nous nous infligeons cette torture qu'est le travail. Il serait si simple et si agréable de vaquer tranquillement à ses occupations, se regrouper de temps en temps autour d'un lac ou dans une vaste prairie avec ses amis et ses connaissances pour papoter du temps ou d'autres choses. La faim venant il suffirait de ramasser quelques fruits mûrs, de dénicher quelques racines, ou encore de déguster des aliments que nous aurions su conserver pour les jours rigoureux. Nous pourrions passer une partie de notre temps à tisser nos habits et à les décorer, à construire nos habitats précaires et bio-respectueux, à transmettre aux petits la mémoire de l'humanité, ou juste celle de notre groupe.

Au lieu de cela, nous travaillons pour gagner de l'argent et avec cet argent acheter de la nourriture préfabriquée, ce qui remplit les poches des "préfariquants" qui gagnent aussi de l'argent et s'achètent de la nourriture à leur tour. Mais ce n'est pas tout : nous gagnons beaucoup trop d'argent! Mais oui! Nous sommes "obligés" de le dépenser dans des objets futiles, inutiles, encombrants et polluants. Et cela fait, il nous en reste encore pour payer des impôts qui serviront à financer toutes sortes de guerres, physiques comme psychologiques, à satisfaire aux exigences des grands trusts, et accessoirement à contenter la population la plus démunie quand elle se manifeste un peu trop.

Encombrés d'objets inutiles mais indispensables, de désirs stupides mais tellement chéris, de pensées déprimantes mais si nécessaires, nous travaillons encore et encore, oubliant le chant du coq, ignorant la vraie longueur des cils des filles, révoltés à l'idée que le Xanax ne fait pas le bonheur, déprimés en pensant que la retraite est si longue à venir... Ah mais il y a quand-même des choses rassurantes : un body de chez H&M ne dure pas plus longtemps qu'un déjeuner de soleil. Pas le temps de s'attacher, donc! Les Indiens auront bientôt chacun leur Tata, voiture la moins chère et la plus polluante du monde. Malgré La Crise, les banquiers n'ont jamais fait autant de profits, Traders compris. Et à la télévision, les Infiltrés nous révèlent tout ce que nous savions déjà!

Encore une fois, nous n'étions pas obligés d'en arriver là. Mais nous y sommes et trouvons cela "normal". Et pourtant, notre civilisation, si belle, si triomphante, si savante se sent mal. Elle a mal au cœur, mal à sa pensée, mal dans son corps... Oh! Mais pas de problème, c'est l'opportunité de développer un nouveau marché : le bien-être. Ça ne va pas bien? On va s'occuper de toi. On va remplacer les curés par des médocs et les médocs par des stages de remise en forme.

Au fait, pourquoi pratiquer la méditation dans un tel contexte? Ça sert vrai-ment-à-quoi? Est-ce pour contribuer à huiler un tel système par la douceur et la docilité? Est-ce au contraire pour le fuir? Ou alors est-ce dans l'espoir d'obtenir en rêve(s) tout ce que votre argent ne vous permet pas de vous offrir?

Ah mais pourquoi est-il si méchant!?!

Si par miracle le désir de méditer s'emparait de vous, sauriez-vous créer une rupture? Une authentique rupture avec ce mode de fonctionnement qui vous maintient au fond du trou social et la tourmente humaine? Peut-être que la méditation est une dernière chance pour nos contemporains, l'ultime possibilité d'un sursaut spirituel dont rien ni personne ne pourra s'emparer, la dernière porte dont il est possible qu'elle s'ouvre sur une expérience complètement différente du "connu convenu", quelque chose qui pourrait bouleverser les valeurs actuelles du monde et leur ordonnance, restituant à l'"être" la place qui lui est due.

Bien-sûr, je fais un peu de provocation. On peut très bien méditer juste pour aller mieux, pour se détendre, ou par simple curiosité. Y'a pas moins pire... Alors, disons que ce message s'adresse aux révoltés, aux paranos, aux anars, aux rebelles... et accessoirement à ceux qui ne savent pas ce qu'ils font là. Ils existent (enfin... paraît-il...)

jeudi 1 juillet 2010

Méditation du bouchon

sirene.jpg

Quand j'étais petit je n'aimais pas marcher sur les fonds vaseux de certaines plages redoutant que quelque vive me pique ou qu'un mini monstre marin m'attrape par les pieds. Alors, malgré le froid mordant de cette chère Celtie, je me jetais à l'eau au plus vite pour nager et nager loin.

Aujourd'hui, toi et moi marchons sur les fonds putrides de la déliquescence politique, sur le fond tremblant d'une crise morale et économique auréolée de cynisme et de morosité, et encore sur les fonds sans fond des petites misères solitaires. Alors, si tu as peur, jette-toi à l'eau et flotte par toi-même!

La méditation est cela qui permet à chacun de flotter, bien-aise, sur l'effrayant océan de la vie. Dans l'état ordinaire, rien n'est changé, tout est différent. Mystère!

Les bien-pensants disent : "un bouchon sur l'océan..." Ah! Paroles de coulés...

Note : photo Chantal Flury

vendredi 14 mai 2010

Méditation en barquette

(Aujourd'hui, je fais mauvaise tête et mauvaise foi. Hmm! J'adore!)

Dans le dernier Nouvel Obs est paru un article sur la méditation. Ça nous change des études sur le prix du m² immobilier des grandes villes de France! Alors, vu le sujet, j'ai fait l'effort de le lire pour vous tout en redoutant que les propos tenus m'attristent comme c'est souvent le cas avec la littérature populaire à trois sous (enfin... un peu plus d'ailleurs... de sous...). Je l'ai lu rapidement, tu sais comme tu avales un médicament qui a très mauvais goût juste parce que ta mère a un pistolet braqué sur ta tempe. Et en effet, ça m'a attristé... Encore une fois, le même discours depuis des décennies : la méditation c'est bien, c'est formidable, ça conduit au bonheur, fini le stress, les mauvaises images de soi, la culpabilité, etc. Surtout "ne cherchez pas l'éveil!" et "Oh! que non! c'est pas religieux du tout, pas besoin du tralala..." et enfin "ils sont pas si beatnik que ça : la preuve, il y a des études scientifiques très sérieuses qui prouvent que patati et patata..."

Le must je crois, c'est A. Comte-Sponville, philosophe reconnu et apprécié (des médias) qui dit : "Je médite tous les jours. La méditation, c'est ne rien faire, mais à fond!" Koan ou pet de l'esprit?

La trame de l'article est soutenue par la promo d'une initiative soi-disant révolutionnaire mise au point par Jon Kabat-Zinn le MBSR (Minfullness Based Stress Reduction). Ça jette hein? Traduction : réduction du stress basé sur la pleine conscience.  "Voyons... la pleine conscience... Tiens! Il n'y avait pas déjà un certain Thich Nath Han sur le coup? Ah oui, mais lui c'est un ringard!" Traduction : un moine de l'ancien temps. Et pis c'est très limité son truc : trop de cérémonial, perte de temps, déplacements coûteux... Pis les Tibétains c'est encore pire... On bosse nous! Moi, dans ma méthode, j'ai mis du Zen, du tantra, de l'ayurvéda... bref, c'est complet, éprouvé, hyper-efficace. Et en plus y'a pas de Guru, pas de cotisation, pas de voisin à supporter : on fait ça tout seul, chez soi, en écoutant mes CD. J'ai juste organisé le tout en 108 leçons. Oui, quand-même, vu que les malas (chapelets) des bouddhistes et hindouistes ont 108 perles, ça doit bien signifier quelque chose d'important.'' Duplicité! Comment s'affranchir des traditions préhistoriques tout en en extrayant l'essence? Enfin, je veux dire le commercialisable, le prêt-à-l'emploi, le directement marketé. C'est vrai quoi, soyons modernes : la méditation en barquette c'est quand-même plus pratique pour la ménagère. On peut même lui donner la forme de la barquette (la méditation, pas la ménagère, quoique...) Une petite photo de Matthieu Ricard pour sécu(la)riser le tout, et hop! c'est emballé!

Le capitalisme, fondement quasi-théologique de la société de consommation, se définit le plus simplement du monde : tout, absolument tout peut engendrer des profits, et ces profits en apporter d'autres. 85% des richesses et de leurs profits auto-engendrés vont à 10% des habitants de la planète. Sur les 90% restants, plus de la moitié luttent uniquement pour survivre et non pour s'enrichir. Après la marchandisation forcenée des produits et services, parfaitement rodée depuis plus de deux siècles, on marchandise aujourd'hui l'eau, l'air, la pollution autant que la dé-pollution, l'image de marque, les déclarations, les intentions, les discours, les promesses, les idées, les recettes... Et puis l'humain. Désolé si vous ne le saviez déjà, mais vous êtes des marchandises, déjà mille fois vendues, aux banques, aux prescripteurs publicitaires, aux politiciens et à tous les groupes de pouvoir. Et si vous croyiez que la pensée, le dernier bastion de votre intimité pouvait échapper à la vampirisation capitaliste, eh bien vous vous trompiez. Le mindfullness s'inscrit dans cette lignée Servanschreibériste faussement insurrectionnelle et économiquement correcte. C'est une superbe opération marketing, une arme de précision redoutable qui va vous permettre de méditer dans un seul et unique but : le bien-être.

Mais oui! Quand le Peuple (et je tiens à la majuscule) est bienheureux, n'a pas trop de pensées négatives, est détendu et le ventre bien rempli (de compléments alimentaires s'entend), il ne conteste ni ne s'insurge mais consomme bien. Ainsi, grâce au nettoyage psychique du mindfullness, vous serez "bien propres et clairs" et tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes : le miroir aux alouettes de la croissance continuera de briller, le Progrès restera Dieu sans que quiconque y trouve à redire, les riches s'enrichiront plus encore, les pauvres continueront d'être plus pauvres, les pollueurs de polluer, les politiciens de mentir et manipuler "les masses". Grâce au mindfullness, finies les pensées négatives du genre "on nous embrouille..." ou "mon patron est un con et j'aime pas mon voisin..." Fini le stress au travail. Vous serez affables et productifs, de véritables winners. Et accueillerez aimablement les profiteurs, tyrans et autres pervers. Terminés aussi les doutes et l'aiguillon du conspirationnisme. Vous pourrez même voter pour n'importe quel imbécile pourvu qu'il vous brosse dans le sens du poil et peu importe ce qu'il se passera ensuite (de toute façon tout est chimère n'est-ce pas?) Ajoutez à cela un peu d'oméga 3 et un pétard de temps en temps et vous serez de parfaits citoyens. Pardon... de "parfaits consommateurs". Vous apprendrez à accueillir toutes vos souffrances comme des illusions, les balayant d'un revers mental, pratiquant à votre insu (de votre plein gré) la pensée positive qui remplace un mal par un politico-économiquement correct.

Mais si, par je ne sais quelle grâce, vous venait l'envie de douter de tous ces bons ordres établis, de chercher le chemin sur lequel votre singularité pourrait être là, comme la rencontre inopinée d'un "visiteur de soi", si le désir de mettre fin à la tourmente des bonnes pensées, des certitudes absurdes, des rêves improbables d'épanouissements convenus s'emparait de votre cœur, alors le mindfullness n'est pas pour vous. Vous êtes irrécupérables, de vrais bons déchets de cette société mercantile jusqu'au plus intime. Et même pas recyclables! Vous êtes la cornue des alchimistes dont nul ne sait que faire. Et c'est tant mieux car une chance vous sera donnée d'être là, ne serait-ce qu'un instant, juste en posant votre cul parterre.

mercredi 31 mars 2010

Aperçu de l'Eveil

Je suis allé faire un petit tour sur Google aujourd'hui, histoire de voir si le billet sur "atteindre l'illumination" était référencé. Il l'est. Et du coup, j'ai aussi consulté différents sites répondant à des critères analogues, et (brrr!) je me suis dit que je n'aurais pas dû appeler mon billet ainsi. J'ai aussi pensé que vous, mes lecteurs, quoique peu loquaces côté commentaires :o) risqueriez de me prendre pour un de ces "marchands d'eau en poudre" ou de "paradis en carton", et que ce ne serait pas un très bon plan pour notre groupe d'entraînement. Alors, un petit up sur le sujet pour apporter quelques précisions...

Il est vrai que ce billet se voulait un peu provocant (j'aime ça que voulez-vous...) histoire de démystifier cette notion d'Eveil que tant de personnes déclarent comme totalement inaccessible et tant d'autres comme facile à réaliser. Qui sut lire entre les lignes dût comprendre que j'évoquais une notion relativement différente de ce qu'on désigne par le mot Illumination.

"Alors on va pas s'mentir, M'dame Chabot" : le grand éveil est difficile à atteindre, du moins en une seule existence. Mais cela n'est pas impossible. Beaucoup d'êtres l'ont fait et d'autres y parviendront encore. Milarépa est un exemple. Je le cite parce qu'il est mondialement connu et que c'est un être très touchant dans lequel nous pouvons nous reconnaître. Enfin... du côté de ses angoisses tout au moins! Mais je pense qu'il existe bien plus d'êtres éveillés totalement "anonymes" que les stars du panthéon illuminé.

Bref, mon billet se situait sur un plan plus pragmatique en évoquant l'illumination comme aperçu de l'éveil, sa pré-figuration en quelque sorte. Ce qui caractérise la nature de l'éveil est qu'il est sans cause ni conditions. Par conséquent il échappe à tout processus créatif de la pensée humaine. En d'autres termes, veut-on l'atteindre ou le réaliser que ce qui sera atteint ou réalisé ne peut être de la nature de l'éveil puisqu'il sera le produit de causes et de conditions. C'est pourquoi nous pratiquons le "lâcher-prise". En lâchant prise nous ne créons rien, nous n'allons pas dans une direction spéciale, nous laissons simplement "quelque chose" se dévoiler. Quelque chose que nous ignorions totalement auparavant.

Si vous contempliez pendant de longues années les nuages grisâtres de votre vie et que, soudain vous voyiez poindre les rayons du soleil pendant un bref instant, seriez-vous assez stupides pour croire que cet évènement serait le résultat de votre contemplation? Non, bien-sûr. Vous avez vu le soleil seulement parce que vous étiez présents et attentifs à ce moment-là. C'est tout. Eh bien, c'est pareil pour l'illumination. Vous êtes présents dans l'observation de l'esprit, et soudain le soleil apparaît. C'est quelque chose d'incontestable. C'est un aperçu de l'éveil, un aperçu de la nature de votre propre esprit. L'incontestable, on peut le mettre en mots, d'ailleurs on désire tout le temps faire ça! C'est alors qu'il devient... contestable! Et on doit à nouveau s'asseoir, se tenir droit, rester tranquille et attentif. La méditation ne devrait jamais s'arrêter, continuer le jour comme la nuit. Tant qu'elle ne s'arrête pas, l'esprit s'habitue et se familiarise avec ce "petit bout de soleil entre-aperçu" une fois, deux fois ou mille : la Clarté. Quand la Clarté est présente vingt-quatre heures par jour, on est éveillé. Et voilà! (Je dis "et voilà" car il parait que c'est le nouveau tic à la mode).

milarepa_la_voie_du_bonheur_2.jpgSur le tard, Milarépa s'est empressé d'enseigner la méditation et le yoga tantrique à de fervents disciples. Une de ses motivations étaient qu'il commençait à oublier comment se pratique la méditation tellement il était lui-même méditation! D'ailleurs, le mot dhyâna (méditation) signifie à la fois la pratique et l'état de méditation.

Pour finir, toujours dans cette perspective pragmatique, la Clarté est nourrissante. Et ça, je sais que ça va vous plaire. C'est bien-sûr en rapport avec la jouissance, je veux dire avec notre perpétuel désir de jouissance, sur tous les plans. La méditation exige des efforts, parfois même de gros sacrifices. Et cela on l'accepte parce qu'on est persuadé d'obtenir un résultat dont l'intensité s'étale du mieux-être à l'éveil. Mais s'il n'y a pas d'aperçu de l'éveil, ça reste très idéaliste. C'est comme traverser le désert sans gourde ou bien tenter de vivre dans une maison dessinée sur un bout de papier.

Nourris, stimulés, enthousiasmés, fouettés même(!) par les germes de Clarté, le chemin est plus facile, joyeux... Tout devient enrichissant. Pas besoin de faire de hautes études. Une goutte de rosée scintillant dans le soleil peut bouleverser toute une vie. Un baiser envoyé dans l'espace peut faire le tour de la Terre et revenir sur ta joue.

Crédit photo : Extrait du film "Milarépa, la voie du bonheur". Je cherche ce film magnifique dont j'ai déjà vu des extraits en anglais et suis preneur de toute info. Merci!

vendredi 12 mars 2010

Nous sommes tous débutants

Parce que l'investigation méditative ne cesse pas et que d'instant en instant, il reste quelque chose à découvrir, nous sommes toujours des débutants. C'est ce qui rend belle, agréable et bonne la voie.

Grâce à la méditation, nous pouvons très progressivement comprendre comment fonctionne l'esprit, quels sont les facteurs mentaux qui engendrent des sensations de plaisirs, de bonheur, de souffrance ou encore de colère. En-dehors de cette simple compréhension, nous restons plutôt asservis aux sensations. Nous prenons pour vérité les sentiments qu'engendrent les différentes sensations. Par exemple, si un aliment ne nous apporte pas de satisfaction, nous dirons qu'il n'est "pas bon". Si une personne nous fait souffrir, nous penserons qu'elle est "mauvaise". Si un évènement nous perturbe, nous dirons peut-être qu'il s'agit d'une "malédiction" ou d'une "punition" envoyée par un dieu ou un être tout-puissant... L'inverse est également vrai. Enfin, lorsque les phénomènes ne produisent aucune sensation, nous y sommes totalement indifférent, et en général nous n'en avons même pas conscience. Aussi, à force de prendre les sensations pour des "réalités", notre relation au monde devient très rigide. Nous n'avons pas de recul sur la réalité des choses, ce qui provoque notre identification à ces sensations : "j'ai du plaisir à regarder ce film, donc c'est un bon film et les acteurs sont super... ", et l'instant d'après : "je suis au chômage, de toute façon je suis tellement nul(le), et puis cette société de m..."

De jour en jour, les sensations nous pilotent et notre vie connaît des hauts et des bas. Malgré les joies, malgré les peines, malgré les instant de lucidité comme ceux d'obscurité, rien ne semble avoir de sens. Ou plutôt le sens que nous trouvons à notre aventure change t-il sans-cesse et sans prévenir! C'est pratique d'avoir la foi en quelque chose, mais les déceptions sont aussi au rendez-vous. C'est pratique d'avoir un idéal, une passion, un objectif, mais cela ne nous renseigne pas sur la nature des sensations. Et tant que nous n'aurons pas ce "renseignement", nous en resterons les esclaves.

Aussi, le premier travail de la méditation est-il de nous aider à prendre conscience de la subjectivité. Pas d'un point de vue théorique, cela tout le monde peut le faire, mais d'un point de vue sensuel. Par exemple, le simple fait d'être assis là, sans objectif particulier, et -sentant une odeur particulière dans la pièce- penser simplement "je sens telle odeur..." est une expérience déterminante sur la voie de cette reconnaissance subjective.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA         Quand nous sommes capable de prendre la mesure de cette dimension subjective, nous réalisons que le monde extérieur n'est pas réellement tel que nous l'éprouvons. Nous ne savons pas "comment" il est, mais une chose est sûre : il n'est pas tel que nous le voyons. D'un point de vue intérieur, nous réalisons également que nous ne sommes pas tel que nous nous voyons, ni tel que les autres nous voient. Notre propre image, elle aussi, est porteuse de sensations agréables, désagréables ou bigarrées. Et ces sensations sont des combinaisons très complexes dans lesquelles notre propre regard, celui des autres, et toutes nos imprégnations culturelles sont continuellement en jeu et à l'œuvre.

Et puis, en dépit des aléas de l'existence, en dépit des doutes et des certitudes, persiste un certain sentiment de soi, quelque chose qui semble immuable et capable de traverser le temps sans trop de dommages. Lorsqu'on se débarrasse des obscurcissements liés aux sensations, ou autrement dit quand on acquiert une vue claire sur la nature des sensations, ce sentiment de soi est beaucoup plus présent et intense. Il devient précieux, un peu comme un diamant pour un homme qui aurait perdu toute sa fortune. Plus que tout, chacun désire maintenir sa pérennité, le protéger, le consolider, voire le développer. Le sentiment de soi soutient continuellement ce qu'on pourrait nommer "moi". Ce moi est une image, un reflet dans l'eau, une bulle dans l'espace... Et comme ce reflet ou cette bulle, il est fragile, sensible, et pourtant d'une persistance étonnante. Se sentir soi est très agréable et rassurant, et cela même au sein des pires souffrances. Le moi est ce qui nous permet de traverser l'existence tout en éprouvant un sentiment d'enracinement dans le monde, il nous permet d'envisager toute chose selon des perspectives et plus seulement de façon immédiate (comme le cochon avalant tout ce qui lui passe sous le groin), il est source de créativité, d'imagination, de compréhension... Avec le moi, il y a un avant et un après, et chacun désire atteindre un but, petit ou grand, proche ou lointain, louable ou moins louable.

Au plus profond de la subjectivité se trouve encore un domaine qu'on pourrait appeler spiritualité. Mais comme ce mot est assez galvaudé, je lui préfèrerai "pure subjectivité". "Pure" dans le sens où les formes mentales de ce qui est éprouvé tendent à se dissoudre, à se disloquer ou se résorber. Oui, c'est un au-delà, ou tout aussi bien un en-deçà. L'immuabilité du moi, ou plutôt son caractère persistant est un sentiment et non sa nature, car de toutes les façons il cessera un jour! Il existe dans notre esprit une force insoupçonnable nous conduisant à chercher sans relâche l'absolu des choses, l'éternel, l'indestructible. Au fur et à mesure que vous démasquerez le caractère illusoire des sensations, des perceptions, des créations mentales, puis des apparences composites et participatives du moi, vous remarquerez que la conscience cherche sans relâche à se replier sur ce qui reste, sur ce qui semble encore fiable, immuable, éternel... C'est une sorte de réflexe. Ce réflexe, le Bouddha l'a éprouvé, étudié, et aussi dépassé. Revenu de son expérience (si l'on peut dire), il déclara n'avoir trouvé aucun bâtisseur du soi, ni parmi les dieux, ni parmi les hommes, ni dans la terre, ni dans la mer... Il dit encore que le soi apparaît en dépendance des multiples causes et conditions, et qu'à cet égard il est semblable à un citadelle de l'espace, à un mirage dans le ciel ou une bulle à la surface de l'eau. C'est une réalité, puisqu'il est éprouvé, mais sans base, sans fondement, sans essence.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA         Entre ce "non-bâtisseur" du soi et cette quête incessante de sa pérennité se tient la"pure-subjectivité" dont je viens de parler, situation émouvante, espace de conscience frémissante où la Clarté luit d'elle-même et la Compréhension s'installe bien qu'aucun concept ne puisse les traduire. Dans la pure-subjectivité, il n'y a pas de concepts et cependant ceux-ci apparaissent spontanément. Il n'existe aucune altération, et pourtant elles se produisent. Il n'y a pas de soi valide et malgré tout le voilà surgissant et à l'œuvre. Toutes les cartes de notre brouillamini égotique sont redistribuées naturellement. Il semble que cela soit pour notre plus grand bien car nous pouvons alors approcher toute chose, tout être, tout évènement avec un esprit ouvert, frais, délié et accueillant.

Mais assez de parlotte, le b-a-ba est certainement de s'asseoir, respirer un bon coup, et attendre que ça se passe. Mais cette fois, pas comme un fainéant, pas comme un prédateur, ni même un chercheur, un jouisseur, un malade, un bien-portant... Non, simplement en étant conscient, sans jugement, paisible, présent :

J'inspire... et cette pensée "j'inspire..." est connue. J'expire... et cette pensée "j'expire..." est connue. J'entends ici battre mon cœur... et cette pensée "j'entends ici battre mon cœur..." est connue. Et ainsi de suite. Vous pouvez faire cet exercice dans toutes sortes de situations, au lit, aux toilettes, dans une salle d'attente. Mais aussi dans des situations stressantes, ou au travail, en voiture... Soyez attentif pour formuler mentalement l'énoncé le plus juste de ce que vous éprouvez dans l'instant présent. Soyez assez imaginatifs pour profiter des meilleurs occasions de pratiquer cette "attention au/avec souffle" (anapanasati). Et profitez-en bien.

Vous remarquerez qu'il est dit "je" en début de phrase et qu'ensuite ce "je" laisse la place à l'expérience elle-même. Nous passons de l'indicatif à l'infinitif. C'est un point important. Par le passé, il y eu beaucoup de traductions en langues européennes négligentes de cet aspect grammatical qui, vous l'aurez compris, est bien plus qu'une fantaisie linguistique!

La prochaine fois, j'aimerais parler d'amour.

Notes sur les photos - Nous avons voulu prendre des photos pour montrer les différents points de la posture de Vairocana. Mais elles ne me plaisent pas, je les trouve un peu ratées. Hormis celles-ci où il semble que je sois plutôt doué pour faire le pitre! Je voulais imiter Vajrayogini en vieille mémé... La photo d'après, je m'envole, évidemment! Mais je n'ai pas osé la publier ;o)

samedi 7 novembre 2009

Etre et Avoir

Quand j'étais plus jeune, j'ai longtemps essayé de cacher mon ignorance par toutes sortes de savoirs, persuadé qu'ils m'offriraient de surcroît tous remèdes à l'insatisfaction. Puis un jour, harassé par tant d'efforts, je dû me résoudre à cette évidence :

Mieux vaut s'asseoir et être là plutôt que savoir et être las...

La méditation ne saurait faire le lit des connaissances, mais soutient la pleine conscience dont les objets -quoique multiples- n'ont pas de fixe demeure. Nous pouvons connaître et être sans savoirs dans cette même connaissance. N'est-ce pas merveilleux?

jeudi 1 octobre 2009

Changer

Si tu t'engages dans la méditation (ou la Voie en général) pour "changer", tu vas beaucoup souffrir. Et cela jusqu'à ce que tu puisses t'accepter. Alors commencera seulement le travail de la libération.

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