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lundi 25 janvier 2010

La ville subtile

Atteindre la Félicité sans avoir à se changer, à réaliser des fantasmes ou à devenir "quelqu'un d'autre", cela nécessite d'apprendre à observer qui on est soi-même en amont de sa propre apparence et en amont de ses schémas corporels et psychiques. Rien de bien compliqué pourtant! Le moi est semblable à une ville faites de nombreuses maisons, de rues dont certaines sont droites et d'autres tortueuses, de parcs tantôt bien dessinés, tantôt laissés à l'abandon...

Si vous regardez une ville depuis un avion, elle semble exister en tant que ville, homogène, complète, intègre... C'est la magie de notre conscience "extérieure" ou superficielle. Le tantra nous invite à poser l'avion et à circuler dans les rues. C'est une expérience "au raz du sol". Ca semble trivial, primitif, et ça l'est! On cherche parfois l'énergie (prâna) du corps subtil dans les éthers. C'est une démarche étrange, car elle est là! Pas seulement en soi, ce qui ne signifie d'ailleurs pas grand-chose, mais aussi dans tout ce qui bouge, et dans tout ce qui tente de demeurer. En circulant dans les rues, en se mêlant au mouvement incessant du vent qui s'y engouffre et à celui des piétons affairés, on peut éprouver ce qui anime les apparences, "glue magique" qui cimente ce moi fait de briques et de brocs ancestraux. Le frémissement de tout-ce-qui-est nous renseigne continûment sur sa nature subtile.

Si le prâna est quelques instants maintenu dans le coeur, cette rencontre est possible. Il n'y a cependant rien à en dire. Et pourtant... bien que rien n'ait changé, rien n'est pareil! Un poing fermé cache un trésor. Je veux savoir. Le poing ouvert ne montre rien. Mais je sais.

Peut-être que joindre ses mains est la meilleure façon de les ouvrir? De même que les tendre vers l'autre est la meilleure façon de rester debout?

mardi 8 décembre 2009

Un slogan... ordinaire...

C'est grâce à Louise (yogini que je remercie d'exister!) que j'ai trouvé le "slogan" de cet atelier : le bonheur de l'état ordinaire. En général, du moins dans le tantra bouddhique, on distingue l'état ordinaire de l'état extraordinaire, l'un étant relatif à notre vie quotidienne faites de joies, de peines et d'illusions, et l'autre évoquant l'expérience continue de l'union du Vide et de la Clarté d'où jaillit un frémissement irrépressible de félicité immédiate. Waou! Ca fait envie non?

Cet état extraordinaire n'est pas un paradis, ne procède pas d'une cause (donc inatteignable), et n'est pas une condition hors de notre situation actuelle. Il y est au contraire intégré, je dirais même immergé, par exemple à la façon dont la lumière est inséparable des choses.

Le sentiment joyeux et frémissant qui accompagne l'émergence de la Clarté vide de la conscience est celui du voyageur qui rentre à la maison. Reconnaissance du lieu, retour à l'origine, découverte de soi ou présence à soi-même. La métaphore d'un "retour chez soi" évoque celle d'un retour à une normalité qui ne serait définie par quiconque, ni même par le soi. Le grand soulagement d'être là, vivant, dans la maison-univers est une émotion tellement... ordinaire!

L'état extraordinaire est une source continuellement jaillissante, apportant joie, intelligence et félicité (sat-chit-ananda) dans notre vie quotidienne. Il n'y ni changement, ni réalisation de quoique ce soit. Seulement, tout est différent! Et cela fait... notre ordinaire.

Bien plus qu'un jeu de mot : une incitation à soulever la peau de ses fantasmes pour y contempler ce qui déjà est là!

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