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mercredi 23 juin 2010

Bonheur

bonheur.jpgLe bonheur ne peut s'atteindre. Mieux vaut renoncer à cette idée dès maintenant! Le bonheur est simplement une des nombreuses qualités de la conscience se connaissant elle-même ou Claire-Lumière de Félicité, émergente à souhait lorsque le mental se débarrasse de toutes ses croyances, conceptions, attentes, peurs et ambitions. Chaque être humain est doté de cette conscience divine. C'est elle qui le maintient en vie, comme une mère protège et nourrit son enfant.

Non, nous n'avons rien à gagner en méditant! Lorsqu'un voyageur rentre chez lui, il n'a pas le sentiment d'avoir acheté ou gagné sa maison. Il rentre à la maison, tout simplement. Dès que vous pensez avoir obtenu quelque chose de la méditation, sachez qu'il s'agit d'une illusion supplémentaire. Vous êtes entré dans la maison d'un autre. C'est une imposture de plus.

On se sert du mental pour découvrir l'esprit, pour y accéder, y retourner, y être... Plutôt que de le dompter ou de le torturer, essayons de comprendre son fonctionnement, puis de l'utiliser à notre avantage. Le mental nous permet seulement d'apprendre et d'exécuter les gestes nécessaires au dhyâna. Ensuite, il n'est plus très utile. Quand dhyâna est là, le mental peut se reposer : il a fait son travail.

Toutes les souffrances d'une vie peuvent disparaître en quelques minutes. Il suffit de laisser le mental retourner en Claire-Lumière. Et même si dhyâna s'effondre ensuite, et que reviennent peines et perturbations, il est marqué de son sceau et connaît la voie.

lundi 21 juin 2010

Raffiner le mental

tumo.jpgNous avons tous un "moi ordinaire" que nous ne connaissons pas très bien mais avec lequel nous devons vivre vingt-quatre heures par jour. Nous avons aussi un "moi extraordinaire" que nous connaissons encore moins et avec lequel nous vivons aussi vingt-quatre heures par jour! Le second se dévoile quand le premier s'efface. C'est pourquoi, lors de la méditation, nous devons laisser le mental (organe du "moi ordinaire") se déposer, se détendre, se reposer... Sur quoi repose alors le mental? Sur sa base, comme toute chose déposée! Et cette base est notre "moi extraordinaire". Il n'a de qualités que le vide, la luminosité, l'amour. Plus vaste que le ciel, plus proche de soi que les cils ne le sont des yeux, il est continûment disponible. Mais (le dirais-je assez?) ce n'est pas une chose. Ce n'est pas quelqu'un.

En revanche, nous ne méditons sans-doute pas vingt-quatre heures par jour car il est impossible de contraindre le mental en lui imposant quelque chose de l'extérieur. Les législateurs et les religieux s'y sont tous cassés les dents! Cela peut fonctionner un moment, puis la tension ou au contraire l'ennui finissent par s'installer, ce qui nous plonge parfois dans des situations détestables. Mais en raffinant le fonctionnement du mental, en le libérant peu à peu de ses obsessions, de ses névroses, cancers et autres misères, il se dépose et un jour la Lumière luit. Raffiner le mental est un travail très spécifique. Il diffère en essence de toutes les activités mentales et intellectuelles que nous connaissons et pratiquons depuis toujours. C'est pour cette raison que le raffinage du mental est difficile. C'est un peu l'aventure, l'inconnu, l'immersion progressive dans une grotte sans fond ni contours.

Si vous raffinez du pétrole, au dernier stade il n'en reste plus rien. Si vous raffinez le mental arrive aussi un moment où il n'y a plus rien! Ce "rien", débarrassé de toute fabrication, concept, altération... est notre état naturel, pure conscience, joie sans limite, énergie indomptable. Le "rien" de la Claire Lumière est vide, mais ce n'est pas le néant. Il est dit : "Ne vois pas le Vide comme le néant..." Cela signifie que, lorsque le néant est lui-même vidé de son propre concept, le vide est tout autre chose que ce que nous pourrions imaginer. C'est le contenu même de la conscience éveillée, c'est ce "moi extraordinaire" qui d'ailleurs n'est pas un "moi" et reste des plus ordinaire!

Grâce au dhyâna (shiné par exemple), le mental goûte au samâdhi, il se repose de plus en plus souvent et de plus en plus longtemps dans l'espace savoureux du vide aimant de Rigpa ou Claire Lumière. Un jour, raffiné et habitué à "cela", il connaît et reconnaît la vraie nature de l'esprit. Le "moi ordinaire" et le "moi extraordinaire" coïncident et il n'y a plus rien à faire pour soi. Est-ce la fin du voyage? Non, le début je crois. Le début d'une solidarité toute englobante et cosmique, le début de l'amour universel sans-cesse ravivé par le frémissement subtil de la Chaleur (Tumm'o)

vendredi 30 octobre 2009

Subjectif

Lorsqu'on aborde le dhyâna (méditation) avec la mentalité spirito-scientiste qui caractérise notre époque si étrange, on risque fort de rejoindre le clan fabricants de bonheur...

Hormis l'indispensable technicité de l'art du faire, l'objectivité n'engendre que des préoccupations inopportunes.

lundi 5 octobre 2009

Notes en vrac

Il est évident que la teneur des sessions pratiques dans notre groupe dépendra des aptitudes et du niveau de ses participants.

Les principales étapes d'une session sont rythmées par un cycle naturel régissant tout ce qui vit en ce monde :

LE DEBUT - LE MILIEU - LA FIN

Non, ce n'est pas un gag lapalicien! Il est important de savoir où, quand et comment se situe le début de la méditation, puis son dénouement et enfin son achèvement. Cela peut se comparer à un kata japonais durant lequel le pratiquant "habite son corps" d'une manière complètement différente, plus intérieure quoique plus spacieuse, plus puissante quoique plus détendue.

La méditation du Calme Mental (qui d'ailleurs ne calme pas que le mental...) est le Dhyâna que pratiquait le jeune Siddharta lorsqu'il atteint l'Illumination. Il avait appris cette pratique dans sa jeunesse alors qu'il vivait au palais de ses parents. Ensuite, il en a enseigné bien d'autres, peut-être s'est-il rendu compte que nous n'étions pas très doués! ;o))

Se blottir

La vie est parfois si rude qu'on se réjouit à l'idée de se blottir contre un être aimé, se blottir contre l'espoir d'un avenir engageant, se blottir contre de belles pensées, fussent-elles poétiques, religieuses, scientifiques... Hélas, tout ce qui vit fait défaut un jour ou l'autre. Pourtant il est un être auquel je ne puis me soustraire, quelqu'un que je "traîne partout" et, l'aimant ou le détestant, reste présent nuit et jour : moi!

Cet incontournable "moi"... Le premier cadeau que nous offre le dhyâna, une fois les armes déposées, est d'apprendre à se blottir contre soi-même et épouser sa propre forme.

C'est dans cette perspective que commenceront les premières sessions.

samedi 26 septembre 2009

A qui s'adresse ce groupe ?

A tout le monde il me semble et particulièrement aux débutants. La méditation est un art universel et peut parfois prendre des aspects très différents selon les époques et les lieux où elle est pratiquée. Aussi, chacun est-il bienvenu, dans sa différence.

Et justement, à propos de différence, ma formation est de type "Vajrayâna" et mon Maître est "kargyupta". C'est particulier, et très à la mode en ce moment ;o) Pourtant ce que j'ai appris peut être utile à toute personne indépendamment de sa "planète".

La méditation traditionnelle se dit shiné en Tibétain et samatha-dhyâna en sanskrit. On pourrait traduire cette expression par calme mental ou encore pacification de l'esprit. En s'entraînant régulièrement dans la méditation, il est possible d'obtenir un esprit plus clair, une vie plus harmonieuse et aussi plus heureuse. Bien que cela ne soit le but initial de la méditation, elle peut être abordée sous cet angle relatif et terre-à-terre. Après tout, soulager l'existence de ses fardeaux et trouver (ou retrouver) la paix et l'harmonie sont des préoccupations communes à tous les humains et que chacun estime légitimes.

Tout l'intérêt de la démarche réside dans la possibilité d'atteindre des niveaux de conscience de plus en plus profonds ou lumineux jusqu'au moment où la Clarté est présente d'elle-même sans qu'il soit besoin de dire faire ou penser quoique ce soit de spécial. Au début, nous croyons souvent que la méditation ou des pratiques assimilées vont nous conduire vers plus d'éveil et de clarté. En réalité, il n'en est rien, et cela n'arrivera pas! Mais nous avons besoin de croire à cela, sans-doute pour nous sentir rassuré.

Je veux dire que la Clarté est présente, là, maintenant, en toutes circonstances et que le travail de la méditation n'est pas de "fabriquer du bonheur" mais simplement d'ouvrir les rideaux de la conscience ou bien d'ôter les épines du cactus sur lequel on a posé ses fesses!

Le Bouddha n'a pas enseigné sur le bonheur mais sur la cessation (de la douleur). Ah! C'est moins enthousiasmant... mais furieusement pragmatique!

http://www.wikio.fr