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dimanche 8 août 2010

Chant de Milarepa

Dans la méditation de mahamudra, je demeure :
Sans effort, en le mode d'être fondamental,
Détendu, dans l'état sans distraction,
Lucide, en la vacuité,
Connaissant, dans la sphère de félicité,
Lumineux, en l'état de non pensée,
Equanime, en toute situation.

En l'esprit-même qui demeure ainsi,
En ses multiples aspects, une compréhension illimitée s'élève;
Et, en sa luminosité, s'accomplit sans effort l'activité éveillée.
Quel bonheur que ce fruit qui n'est pas resté simple souhait!
Quel plaisir que cet abandon des espoirs et des craintes dualistes!
Quelle joie les illusions apparaissant comme connaissance primordiale

Note: La question qui incita Milarépa à réaliser ce chant émanait d'un visiteur qui intervenait dans une controverse engagée entre trois enseignants et le grand yogi. Il s'interrogeait sur l'intelligence de Milarépa qui ne se présentait pas comme un savant ou un intellectuel et semblait de ce fait un être fruste et ignorant. Le visiteur requit du yogi une description de sa méditation de mahamudra.

lundi 25 janvier 2010

La ville subtile

Atteindre la Félicité sans avoir à se changer, à réaliser des fantasmes ou à devenir "quelqu'un d'autre", cela nécessite d'apprendre à observer qui on est soi-même en amont de sa propre apparence et en amont de ses schémas corporels et psychiques. Rien de bien compliqué pourtant! Le moi est semblable à une ville faites de nombreuses maisons, de rues dont certaines sont droites et d'autres tortueuses, de parcs tantôt bien dessinés, tantôt laissés à l'abandon...

Si vous regardez une ville depuis un avion, elle semble exister en tant que ville, homogène, complète, intègre... C'est la magie de notre conscience "extérieure" ou superficielle. Le tantra nous invite à poser l'avion et à circuler dans les rues. C'est une expérience "au raz du sol". Ca semble trivial, primitif, et ça l'est! On cherche parfois l'énergie (prâna) du corps subtil dans les éthers. C'est une démarche étrange, car elle est là! Pas seulement en soi, ce qui ne signifie d'ailleurs pas grand-chose, mais aussi dans tout ce qui bouge, et dans tout ce qui tente de demeurer. En circulant dans les rues, en se mêlant au mouvement incessant du vent qui s'y engouffre et à celui des piétons affairés, on peut éprouver ce qui anime les apparences, "glue magique" qui cimente ce moi fait de briques et de brocs ancestraux. Le frémissement de tout-ce-qui-est nous renseigne continûment sur sa nature subtile.

Si le prâna est quelques instants maintenu dans le coeur, cette rencontre est possible. Il n'y a cependant rien à en dire. Et pourtant... bien que rien n'ait changé, rien n'est pareil! Un poing fermé cache un trésor. Je veux savoir. Le poing ouvert ne montre rien. Mais je sais.

Peut-être que joindre ses mains est la meilleure façon de les ouvrir? De même que les tendre vers l'autre est la meilleure façon de rester debout?
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